07.11.2020 à 09:59

ÉthiopieLe parlement veut reprendre la main sur la Tigré

Le parlement éthiopien a voté un plan de limogeage de l’assemblée et du gouvernement du Tigré, cette région du nord du pays qui menace de sécession.

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Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a qualifié vendredi d’«opération de maintien de l’ordre» une intervention militaire lancée depuis mercredi dans le Tigré. Il avait appelé la population à éviter les rassemblements pour ne pas être touchée par les «frappes aériennes».

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a qualifié vendredi d’«opération de maintien de l’ordre» une intervention militaire lancée depuis mercredi dans le Tigré. Il avait appelé la population à éviter les rassemblements pour ne pas être touchée par les «frappes aériennes».

KEYSTONE

Le parlement éthiopien a adopté samedi un plan de limogeage du parlement régional et de l’exécutif du Tigré, au lendemain de l’annonce d’une intervention militaire dans cette région du nord du pays qui menace de sécession.

La chambre haute du parlement «a adopté une résolution visant à abolir l’assemblée régionale illégale actuelle du Tigré et son gouvernement, afin de mettre en place une administration par intérim», a annoncé la radio télévision publique éthiopienne EBC.

La décision du parlement éthiopien est basée sur les dispositions prévoyant la possibilité d’une intervention contre un État fédéral qui aurait «violé la constitution et mis en danger le système constitutionnel», selon la EBC.

«L’administration par intérim aura pour mandat de préparer une élection constitutionnellement acceptable et d’appliquer les décisions adoptées par le gouvernement fédéral», ajouté la télévision publique.

«Opération de maintien de l’ordre»

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a qualifié vendredi d’«opération de maintien de l’ordre» une intervention militaire lancée depuis mercredi dans le Tigré. Il avait appelé la population à éviter les rassemblements pour ne pas être touchée par les «frappes aériennes».

Prix Nobel de la paix en 2019, Abiy Ahmed avait annoncé mercredi le déclenchement des opérations militaires, justifiées par des attaques de bases militaires au Tigré, que les dirigeants tigréens accusent le gouvernement d’avoir inventées.

Aux termes d’un état d’urgence proclamé mercredi, les troupes fédérales ont notamment pour mission de «désarmer les forces de sécurité de l’État régional», avait ajouté le Premier ministre.

La tension entre Addis Abeba et le Tigré, dirigé par le Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF), parti qui a, durant près de 30 ans et jusqu’à l’avènement de Abiy Ahmed en 2018, dominé les structures de pouvoir en Éthiopie, s’était particulièrement accrue depuis l’organisation en septembre d’élections régionales non reconnues par le pouvoir central.

(AFP/NXP)

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