05.05.2013 à 21:42

MalaisieLe parti au pouvoir remporte les législatives

Le parti au pouvoir depuis plus d'un demi-siècle en Malaisie a été une nouvelle fois reconduit à l'issue des législatives de dimanche, résultats immédiatement contestés par le chef de l'opposition.

Le Barisan Nasional (BN, Front national), coalition du Premier ministre sortant Najib Razak, a remporté 112 sièges.

Le Barisan Nasional (BN, Front national), coalition du Premier ministre sortant Najib Razak, a remporté 112 sièges.

AFP

Le Barisan Nasional (BN, Front national), coalition du Premier ministre sortant Najib Razak, a remporté 125 des 222 sièges au Parlement, selon des résultats officiels portant sur près de 90% des circonscriptions. Le Pakatan Rayak (PR, Pacte populaire) d'Anwar Ibrahim, un réformateur charismatique ayant fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, en obtiendrait 74.

Les résultats définitifs devraient être connus lundi matin. Le Pakatan détient 75 sièges dans le Parlement sortant, contre 135 au Barisan.

Ibrahim Anwar, qui brigue le gouvernement depuis une quinzaine d'années, a cependant immédiatement rejeté ces résultats. «Ces élections sont entachées de fraude et la Commission électorale a failli», a-t-il déclaré. «Vingt à trente sièges ont été perdus avec des majorités très faibles. Nous envisageons tout recours judiciaire possible», a-t-il ajouté.

Une encre pas si indélébile

Pendant la campagne, le chef de l'opposition avait averti à de multiples reprises qu'il ne se laisserait pas «voler la victoire», accusant le parti au pouvoir de fraudes électorales. Il avait notamment dénoncé pendant de la campagne la présence de dizaines de milliers d'électeurs «douteux».

Les inquiétudes de fraudes électorales avaient été renforcées après la découverte la semaine dernière que l'encre «indélébile» dans laquelle les électeurs doivent tremper un doigt pour éviter les votes multiples frauduleux, partait en fait au premier lavage.

Mais le Premier ministre sortant a appelé l'opposition à «accepter le résultat» des élections «dans l'intérêt national».

La reconduction du parti au pouvoir représente une victoire personnelle pour le Premier ministre Najib Razak. Cet apparatchik de 59 ans a réussi à se muer en réformateur afin de moderniser l'image de son parti, la toute puissante Organisation nationale unifiée malaise (UMNO), moteur de la coalition Barisan, essoufflée après 56 ans de règne quasi-absolu et cible de nombreuses accusations de corruption.

Échec cinglant

L'échec est en revanche cinglant pour Anwar Ibrahim, qui brigue le gouvernement depuis une quinzaine d'années, dont six derrière les barreaux. Ibrahim Anwar avait été condamné en 1998 pour «sodomie», une accusation largement jugée politique, ce qui avait stoppé net son ascension vers les plus hautes marches du pouvoir alors qu'il était vice-Premier ministre et pressenti pour prendre la tête du gouvernement.

Finalement blanchi, il avait été libéré après six ans de prison, devenu une sorte de Nelson Mandela local. Mais, même s'il n'a pas réussi à provoquer la première alternance politique de la Malaisie depuis l'indépendance en 1957, Ibrahim Anwar a réussi à conforter la position de sa coalition tripartite, après sa percée inédite réalisée aux législatives de 2008.

Inégalité de revenus

Durant la campagne, le gouvernement a mis en avant la croissance de 5,6% affichée l'an dernier et l'augmentation de près de 50% du revenu brut par habitant entre 2009 et 2012.

L'opposition a fait valoir de son côté que cet afflux de richesses n'a pas profité au plus grand nombre. L'écart de richesses entre la classe dirigeante du pays et la masse des 28 millions de Malaisiens s'est sensiblement aggravé ces dernières années.

La Malaisie se classe au troisième rang du classement des pays où l'inégalité de revenus est la plus importante d'Asie, derrière la Thaïlande et Singapour.

(ats)

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