Allemagne: Le parti de Merkel remporte une élection test

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AllemagneLe parti de Merkel remporte une élection test

Les électeurs de la Sarre étaient appelés aux urnes, dimanche, pour des élections régionales remportées par le parti de Merkel.

L'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière est en tête des intentions de vote avec 35% à 37%, en Sarre.

L'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière est en tête des intentions de vote avec 35% à 37%, en Sarre.

Keystone

Les chrétiens démocrates (CDU) d'Angela Merkel ont largement remporté dimanche les élections régionales dans la Sarre. Elles avaient valeur de test national à six mois des élections fédérales du 24 septembre.

Avec 40,1% des voix et 24 des 51 élus du Parlement régional selon des estimations affinées de la chaîne de télévision ARD, la CDU est en nette progression par rapport au précédent scrutin régional, en 2012, où elle avait obtenu 35,2% des voix.

A l'inverse, le Parti social-démocrate (SPD) recule. Il est crédité de 30,1% et 17 élus, contre 30,6% il y a cinq ans, ne confirmant donc pas l'effet Martin Schulz observé dans les sondages nationaux.

Depuis que l'ancien président du Parlement européen a été désigné candidat du SPD à la chancellerie, fin janvier, le parti a bondi dans les intentions de vote pour faire jeu égal avec le bloc CDU-CSU de Merkel. Mais cet «effet Schulz» ne s'est pas traduit dans les urnes de la Sarre.

«Pour nous c'est bien sûr un excellent début d'année électorale 2017», a commenté sur l'ARD le secrétaire du groupe parlementaire CDU-CSU au Bundestag, Michael Grosse-Brömer, établissant un parallèle entre les styles de gouvernance d'Angela Merkel et d'Annegret Kramp-Karrenbauer, la ministre-présidente sortante de la Sarre qui devrait être reconduite dans ses fonctions.

Gauche en baisse

La chancelière fédérale s'était personnellement impliquée dans la campagne, se rendant jeudi à Saint-Wendel pour encourager ses électeurs à voter: «Cette fois, chaque vote compte vraiment», a-t-elle déclaré. «Prenez mes mots au sérieux», avait-elle ajouté.

Peter Tauber, secrétaire général de la CDU, a jugé que l'issue du scrutin dans le plus petit des Länder allemands était «un rejet clair d'une coalition rouge-rouge-verte» entre le SPD, le parti de la gauche radicale Die Linke et les écologistes.

Car le parti de la gauche radicale Die Linke est lui aussi en baisse, passant de 16,1% à 13% et sept députés selon les estimations.

Objectif pas atteint

Les deux formations de gauche, qui n'auraient à elles deux que 24 sièges, ne seront donc pas en mesure de former une coalition «rot-rot» envisagée au vu des derniers sondages d'avant le scrutin - et qui aurait été une première en ex-Allemagne de l'Ouest, seules la ville-Etat de Berlin et la Thuringe expérimentant ce type d'alliance.

«Nous n'avons clairement pas atteint notre objectif électoral», a concédé la secrétaire générale du SPD, Katarina Barley, sur l'ARD, alors que Schulz avait déclaré au journal Bild am Sonntag: «Le même (principe) s'applique dans la Sarre et au niveau fédéral: nous voulons être le parti le plus fort.»

Heiko Maas, le ministre SPD de la Justice, a tenté pour sa part de minimiser l'impact de ce scrutin. «Sans Martin Schulz, nous n'aurions pas atteint les 30%», a-t-il réagi, avant d'imputer à la «personnalité polarisante» d'Oskar Lafontaine, chef de file de Die Linke, les difficultés de la gauche régionale.

Extrême droite au Parlement régional

La Sarre est, comme au niveau fédéral, gouvernée par une «grande coalition» CDU-SPD, en place depuis 2012.

Le parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), qui n'existait pas en 2012, réussit à entrer au Parlement régional avec un score estimé à 6,1% qui devrait lui valoir trois députés au Landtag de Sarrebrück.

A l'inverse, les écologistes des Grünen n'obtiennent que 4,5% des voix, sous le seuil des 5% requis, et n'auront plus d'élus au parlement régional. Le Parti pirate, qui avait réuni près de 7,5% des voix en 2012, s'écroule à moins de 1% et sort lui aussi du Parlement. Le scrutin dans la Sarre, dans le sud-ouest de l'Allemagne, frontalier de la France et du Luxembourg, était le premier des trois votes régionaux prévus d'ici aux élections fédérales du 24 septembre. Suivront le Schleswig-Holstein, le 7 mai, puis, une semaine plus tard, la Rhénanie du Nord-Westphalie, Land le plus peuplé d'Allemagne.

(AFP)

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