Colombie: Le parti Farc va changer son nom évocateur de la guerre
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ColombieLe parti Farc va changer son nom évocateur de la guerre

Force alternative révolutionnaire commune, parti issu des Forces armées révolutionnaires de Colombie avec lesquelles il partage le même acronyme, dévoilera son nouveau nom dans les prochains jours.

Bien que la majorité des quelque 13’000 anciens combattants et miliciens des Farc aient accepté l’accord de paix, des factions dissidentes ont gardé ou repris les armes. (Photo DANIEL MUNOZ / AFP) 

Bien que la majorité des quelque 13’000 anciens combattants et miliciens des Farc aient accepté l’accord de paix, des factions dissidentes ont gardé ou repris les armes. (Photo DANIEL MUNOZ / AFP)

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Le parti Farc, issu de l’ex-guérilla qui a signé la paix en Colombie, a annoncé jeudi qu’il allait changer de nom pour s’éloigner de l’acronyme qui a identifié la plus puissante rébellion d’Amérique pendant plus d’un demi-siècle de confrontation armée.

Après l’accord de novembre 2016 avec le gouvernement de l’ex-président Juan Manuel Santos (2010-18), les Forces armées révolutionnaires de Colombie se sont transformées en parti politique sous le nom de Force alternative révolutionnaire commune, en gardant donc le même acronyme, Farc.

«La dynamique et la pratique nous ont démontré qu’il est complexe de garder le nom de Farc, non parce que nous le regrettons, non parce qu’il nous fait honte, mais parce que ça a été le nom sous lequel nous avons participé au conflit, à la guerre», a déclaré le chef du parti de gauche et de l’ex-rébellion, Rodrigo Londoño, lors d’une conférence de presse à Medellin (nord-ouest).

Rodrigo Londoño, également connu sous son nom de guerre «Timochenko», a admis que «le conflit a causé beaucoup de douleur» et ajouté que le nom Farc «est très lié à cette couleur qu’a laissée la guerre», en allusion au sang versé.

Le dernier commandant de la plus ancienne guérilla des Amériques, issue en 1964 d’une insurrection paysanne, s’était prononcé pour un nom différent dès la fondation du parti après l’accord de paix. Mais sa proposition n’avait pas eu l’aval des militants.

Le nouveau nom sera communiqué durant la 2e assemblée du parti organisée du 22 au 24 janvier, un an plus tard que prévu à cause de la pandémie du nouveau coronavirus.

Les anciens rebelles sont divisés depuis leur désarmement.

Bien que la majorité des quelque 13’000 anciens combattants et miliciens des Farc aient accepté l’accord de paix, des factions dissidentes ont gardé ou repris les armes.

Selon le renseignement militaire, ces groupes comptent au total environ 2500 rebelles, sans commandement unifié, et se sont maintenus dans des zones isolées grâce aux ressources issues du trafic de drogue et de l’extraction minière illégale.

La Colombie reste confrontée à un conflit qui, en près de soixante ans, a fait plus de neuf millions de victimes (morts, disparus et déplacés) et impliqué plusieurs guérillas, dont l’Armée de libération nationale (ELN), encore active, ainsi que des paramilitaires d’extrême-droite et les forces armées.

La violence contre les ex-combattants, principale menace à la paix selon l’ONU

La violence contre les anciens combattants des Farc, contre des responsables dans le domaine social et contre des défenseurs des droits humains représente «la plus grande menace pour la construction de la paix en Colombie» depuis l’accord conclu il y a quatre ans, a affirmé jeudi l’ONU.

«Bien que de multiples mesures aient été prises pour tenter de faire face à cette violence, chaque assassinat est un coup tragique porté à la paix», a déclaré au Conseil de sécurité Carlos Ruiz Massieu, chef de la mission des Nations unies en Colombie, qui supervise la réintégration de quelque 7000 ex-guérilleros à la vie civile.

Depuis la signature de l’accord de paix en novembre 2016 entre le gouvernement et la guérilla, 252 anciens combattants ont été assassinés, a-t-il rappelé lors d’une visioconférence consacrée à la Colombie.

«Les groupes armés illégaux qui persistent dans diverses zones du territoire et d’autres qui ont émergé à la faveur du trafic de drogue et d’autres économies illégales, constituent une menace pour la sécurité», a confirmé la ministre colombienne des Affaires étrangères, Claudia Blum. Selon elle, ce sont «les principaux auteurs des attaques contre d’anciens combattants».

(AFP)

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