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AllemagneLe parti populiste veut tirer sur les réfugiés

Le troisième parti du pays a provoqué un tollé, samedi, en proposant une manière radicale d'accueillir les migrants.

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Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Marina Militare, Reuters
Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Keystone
Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Keystone

Le parti populiste allemand AfD, crédité à l'heure actuelle de 13% d'intentions de vote, a suscité un tollé en Allemagne samedi, en suggérant que la police fasse «au besoin» usage d'armes à feu pour empêcher les migrants d'entrer en Allemagne.

«Nous avons besoin de contrôles efficaces afin qu'il n'y ait plus autant de demandeurs d'asile non enregistrés qui entrent par l'Autriche», a dit la présidente du parti, Frauke Petry, au journal régional Mannheimer Morgen samedi. «Au besoin», a-t-elle ajouté, les forces de police à la frontière «devraient pouvoir faire usage de leur arme à feu, c'est inscrit dans la loi». «Aucun policier ne veut tirer sur un réfugié, je ne le veux pas non plus. Mais en dernière instance on doit pouvoir avoir recours aux armes», a-t-elle ajouté.

Des déclarations immédiatement fustigées par ses adversaires politiques de tous bords, et par les forces de l'ordre.

Propos dénoncés

«Aucun policier ne serait prêt à tirer» sur des migrants, a réagi dans un communiqué le syndicat de la police GdP. «Quiconque suggère d'en arriver à des méthodes aussi radicales veut manifestement suspendre l'Etat de droit et instrumentaliser la police», a critiqué le chef du GdP, Jörg Radek, «nous avons déjà été face à cela au cours de l'histoire allemande, et nous ne voulons plus jamais ça».

Le chef du groupe parlementaire social-démocrate (SPD), Thomas Oppermann, a dénoncé «une mobilisation de l'opinion publique insupportable contre les réfugiés», et le député Vert (opposition) Konstantin von Notz a critiqué des propos «irresponsables» alors que les attaques contre des foyers de réfugiés se multiplient. Mme Petry «fournit au terrorisme d'extrême droite la légitimation de ses crimes», a-t-il réagi.

Troisième formation

Créé sur une plate-forme anti-euro en pleine crise de la dette, le parti AfD, «Alternative pour l'Allemagne», a depuis réorienté son message vers le refus de l'immigration.

Selon un sondage publié cette semaine il est actuellement crédité de 13% des intentions de vote, ce qui en fait la troisième formation politique en Allemagne, derrière les conservateurs de Mme Merkel et le SPD, et ce à l'approche de trois scrutins régionaux début mars.

(AFP)

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