Actualisé 28.08.2015 à 20:35

TurquieLe parti prokurde entre au gouvernement intérimaire

Pour la première fois de l'histoire de la Turquie, un parti prokurde entre au gouvernement provisoire, jusqu'aux élections anticipées de novembre.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Keystone

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a entériné vendredi 28 août la composition d'un gouvernement transitoire, dans lequel figurent pour la première fois deux parlementaires prokurdes du Parti démocratique du peuple (HDP), chargé de gérer les affaires courantes jusqu'au prochain scrutin en novembre, a annoncé le Premier ministre.

«Notre président Recep Tayyip Erdogan (...) a accepté le gouvernement intérimaire proposé et porté par Ahmet Davutoglu», a indiqué sur son site internet la présidence turque, après une rencontre de près d'une heure entre les deux hommes à Ankara.

Deux parlementaires prokurdes du HDP, Ali Haydar Konca et Muslum Dogan, seront respectivement chargés des Affaires européennes et du Développement, a annoncé le Premier ministre Ahmet Davutoglu, à l'issue de la rencontre.

Une situation inédite

C'est la première fois dans l'histoire de la Turquie que des membres d'un parti prokurde entrent dans un gouvernement, créant une situation inédite.

Le président turc et son Premier ministre ont à tour de rôle accusé ces dernières semaines le HDP d'être le bras politique illicite de la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a rompu un cessez-le-feu en vigueur avec Ankara depuis 2013.

Depuis plus d'un mois, la Turquie est ainsi en proie à une résurgence du conflit entre les rebelles kurdes et l'armée turque.

Impasse politique

En vertu de la Constitution, le gouvernement provisoire n'a pas besoin de la confiance du Parlement, l'accord de la présidence suffisant. Il devra conduire les affaires jusqu'aux législatives anticipées, fixées au 1er novembre par le Haut Conseil électoral, et sortir ainsi la Turquie de l'impasse politique dans laquelle elle se trouve depuis le scrutin du 7 juin.

L'AKP, la formation islamo-conservatrice d'Erdogan, qui règne sans partage depuis 13 ans, a alors subi un revers électoral en perdant la majorité absolue, le contraignant à des pourparlers avec l'opposition pour la formation d'un gouvernement de coalition. En vain.

La Turquie a déclenché une «guerre contre le terrorisme» le 24 juillet, visant essentiellement le PKK, dans ses positions retranchées en Irak et en Syrie. En réponse, le PKK a rompu un cessez-le-feu en vigueur avec Ankara depuis 2012.

Depuis le début de l'offensive, plus de 60 membres des forces de sécurité turques sont morts dans des attaques revendiquées ou attribuées au PKK.

(AFP)

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