Débat - Le pass sanitaire au restaurant? Une profonde division
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DébatLe pass sanitaire au restaurant? Une profonde division

L’idée d’introduire un contrôle sanitaire à l’entrée des restaurants pour les rouvrir à la clientèle provoque une guerre de tranchées dans les commentaires.

par
Eric Felley
Montrer patte blanche pour aller au restaurant? Le sujet ne laisse pas indifférent, c’est le moins qu’on puisse dire.

Montrer patte blanche pour aller au restaurant? Le sujet ne laisse pas indifférent, c’est le moins qu’on puisse dire.

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Lundi, le président de GastroSuisse, Casimir Platzer, a averti que son association trouverait «inacceptable» que leurs établissements soient soumis à l’obligation de demander un pass sanitaire à leurs clients. À l’instar de ce qui est prévu pour les grands événements réservés aux personnes vaccinées, guéries ou disposant d’un test PCR, l’idée de rouvrir l’intérieur des restaurants avec les mêmes conditions est dans l’air, mais le président de GastroSuisse s’y oppose.

Cette proposition a suscité une avalanche de commentaires qui montre à quel point la question est sensible et divise profondément les gens. Dans les quelque 300 interventions recueillies, on découvre un panel de réactions que l’on peut classer en différentes catégories: l’appel au boycott, la grogne contre les restaurateurs, les convaincus, ceux qui dénoncent la «dictature sanitaire» ou ceux qui en appellent à la solidarité.

Le boycott

Une des premières réactions à cette mesure est simplement de ne pas aller au restaurant: «Je boycotterai personnellement (ainsi que mes amis et connaissances) tout endroit qui pratiquera la discrimination médicale, écrit un tel. Ce basculement est inadmissible et trahit les fondements de notre pays, de notre Constitution et des droits de l’homme!» Un autre pense que les clients auront le choix: «C’est sûr j’irai dans un resto où il n’y a pas besoin du passeport vaccinal, je ne veux pas me mélanger avec ces vaccinés qui dégagent de la sueur de chauves-souris». Mais il y a celui qui boycotte dans le sens inverse: «Une chose est sûre: je ne mettrai pas les pieds dans un resto qui admet des non-vaccinés».

La grogne contre les restaurateurs

Un certain nombre de commentateurs visent les restaurateurs: «GastroSuisse c’est gastro casse-pieds! Toujours à se plaindre, l’idée du contrôle vaccin paraît la plus raisonnable, il ferait mieux de mettre de l’eau dans son vin s’il veut revoir des clients». Ou: «Ils sont soutenus financièrement par nous tous et maintenant qu’une solution se dessine pour rouvrir les restaurants, ils font la fine bouche!» Un autre questionne: «Les restaurateurs veulent vraiment travailler ou pas? À partir de là, la question du passeport vaccinal ne se pose plus, n’en déplaise aux réfractaires…»

Les convaincus

Bien entendu, il y a ceux qui approuvent la mesure: «Un carnet vaccinal, voilà une excellente idée pour recommencer à vivre normalement voyager et aller au restaurant. Si GastroSuisse n’en veut pas et bien nous n’irons plus au restaurant en Suisse, mais uniquement dans les pays avec un tel certificat!» Ou encore: «Cette pandémie à assez duré. Le vaccin est nécessaire, pas d’autres solutions, que ce soit dans les bars ou autres ce n’est pas possible, Beaucoup le font maintenant, c’est aussi un geste de solidarité, pour les uns et pour les autres.»

Dictature et complot

Le discours qui dénonce une «dictature sanitaire» est aussi présent. Pour un tel, le pass sanitaire est «un cheval de Troie pour soumettre la population à une dictature sous couvert de vaccination. Une fois votre «passeport vert ou Covid» dans la main, vous serez emprisonnés par des mises à jour vaccinales forcées». Un autre y devine le péril jaune: «Accepter le passeport vaccinal, c’est accepter le crédit social, c’est adhérer au régime chinois». Sur un ton fataliste, un autre renchérit: «On a bien compris que pour vivre à peu près normalement il faudra passer à la casserole de la vaccination, contrairement à tout ce qui a été clamé depuis le début, c’est lamentable mais c’est comme ça.»

Enfin, il y a celui qui avait prédit que cela finirait ainsi: «Quand on évoquait cette possibilité il y a un an, on nous traitait de complotiste. Maintenant que cette abomination arrive et qu’on la refuse, on est toujours complotiste. Au moins les complotistes ont une logique et une constance que nos détracteurs n’ont pas».

Le début de la fin

Cette proposition de pass sanitaire provoque aussi la méfiance sur le long terme: «Le Conseil fédéral et les milieux qui poussent vers un pass sanitaire, écrit un tel, le présentent peut-être comme la solution vers une liberté retrouvée, mais il n’en sera rien. Cela créera un précédent et tout comme les mesures actuelles, il ne sera pas ou peu assoupli. Il évoluera par contre et vous ne pourrez plus pratiquer, consommer, vous divertir librement sans présenter patte blanche». Une crainte partagée par un autre: «Tout ça n’en espérant pas devoir se faire vacciner toutes les années pour la Covid 19. Parce que, alors là, l’histoire de cette pandémie n’a pas encore fini de faire parler d’elle».

La solidarité

Enfin, plusieurs intervenants en appellent à la solidarité de la vaccination: «Accepter le passeport vaccinal, plaide un tel, c’est protéger les plus faibles, et les personnes à risque! C’est un petit geste de solidarité qui peut sauver des vies! Il faut écouter la science et non les profits». Ce à quoi répond l’adversaire: «On ne sauve personne. La personne meurt le jour prévu… Il faut quitter les fausses croyances. Ceci est un début d’apartheid sanitaire, Nous devons le refuser absolument. La peur ne doit pas prendre le dessus». Pourtant la peur est bien là: «L’obligation de la vaccination, et donc du pass vaccinal, est comme obliger les gens de subir une chimiothérapie quand ils sont en bonne santé! Est-ce cela que vous estimez un principe de solidarité?»

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