Voyages: Le passeport suisse peut mieux faire!
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VoyagesLe passeport suisse peut mieux faire!

Le précieux sésame n’ouvre pas les portes du monde entier. Au classement des papiers d’identité les plus forts, il arrive notamment derrière Singapour et la Corée du Sud.

par
Laura Lose
Le passeport suisse n'est pas aussi intéressant qu'on pourrait l'imaginer.

Le passeport suisse n'est pas aussi intéressant qu'on pourrait l'imaginer.

Keystone

Le livret à la croix blanche n’est pas aussi puissant qu’il en a l’air. La Suisse ne domine pas le Passeport Index 2017, hiérarchie menée conjointement par l’Allemagne et Singapour. Ce classement, effectué par le cabinet de conseil financier Arton, est basé sur les pays dans lesquels il est possible d’entrer sans visa. Pour la Suisse, le nombre accessible sans visa se monte à 155. Les passeports allemand et singapouriens donnent, eux, accès à 158 pays. En fin de classement, on trouve l’Afghanistan, avec à peine 22 pays.

Chaque pays édicte ses propres lois sur les conditions d’entrée et de séjour. Les Suisses ont notamment besoin d’une autorisation pour se rendre en Chine, en Russie, en Mongolie ou encore au Vietnam. «Les gens sont souvent surpris quand nous leur disons qu’ils doivent demander un visa», relève Neval Dilmac, responsable de l’agence de voyages Zeytours à Lausanne.

Une paperasse qu’il faut accomplir pour certaines destinations, mais qui reste une formalité. «Si la demande est correctement faite, elle est toujours acceptée», affirme Emmanuelle Scherly, responsable de l’agence SOL Voyages à Vevey.

Souvent, la nécessité d’un visa dépend de l’intérêt ou non du pays dans l’établissement des liens avec d’autres nations. «Singapour et la Corée du Sud ont, par exemple, une politique très proactive quant à la conclusion d’accords bilatéraux, dans le but de permettre à leurs nationaux de circuler. En général, ces accords sont établis sur une base de réciprocité», explique Vincent Chetail, professeur de droit international à l’Institut de hautes études internationales et du développement. Ce qui explique le bon score des passeports de ces pays d’Asie.

Dans d’autres cas, les raisons de l’instauration de ces autorisations sont politiques. «En Europe, les visas ne se sont banalisés que depuis les années 1980, dans un contexte de lutte contre l’immigration irrégulière. Dans les régions touristiques, les visas peuvent parfois servir à lever des fonds publics», soulève Vincent Chetail.

La faiblesse du passeport suisse est la non-appartenance du pays à l’Union européenne. Il tire cependant sa force de l’économie et de la qualité de vie helvétiques.

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