21.05.2012 à 18:20

Nucléaire iranienLe patron de l'AIEA veut décrocher un accord à Téhéran

Le Japonais Yukiya Amano a entamé lundi à Téhéran des discussions «franches» avec les autorités iraniennes pour obtenir plus de coopération sur le dossier nucléaire.

Yukiya Amano va mettre tout en oeuvre pour décrocher un accord à Téhéran.

Yukiya Amano va mettre tout en oeuvre pour décrocher un accord à Téhéran.

AFP

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano tente d'arracher un accord en Iran.

Il s'agit de la première visite du Japonais en Iran depuis qu'il a pris les commandes de l'organisme onusien.

Yukiya Amano a traité des relations difficiles entre l'AIEA et l'Iran avec le chef du programme nucléaire iranien Fereydoun Abbassi Davani.

«Les questions existantes ont été évoquées de manière franche et des propositions ont été faites pour lever les ambiguïtés et développer la coopération», selon un bref compte rendu de cet entretien publié sur le site officiel de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne (OEAI) qui ne donne pas d'autre détail.

Le directeur général de l'AIEA a ensuite rencontré dans l'après- midi le ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi ainsi que le négociateur iranien pour le dossier nucléaire Saïd Jalili.

«Bonnes discussions»

«Nous avons eu aujourd'hui de très bonnes discussions avec Yukiya Amano et si Dieu veut il y aura une bonne coopération» entre l'Iran et l'AIEA à l'avenir, a déclaré Saïd Jalili. Yukiya Amano a pour sa part qualifié à la télévision d'Etat les discussions de «très utiles», «intenses» et s'étant déroulées dans une «bonne atmosphère».

Yukiya Amano comme Ali Akbar Salehi ont espéré dimanche que cette visite de quelques heures déboucherait sur de nouvelles règles de coopération permettant de mieux répondre aux inquiétudes de la communauté internationale sur le programme nucléaire iranien.

Alors que Téhéran affirme que ses activités sont purement pacifiques, l'AIEA qui surveille la plupart des installations nucléaires de l'Iran dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) s'inquiète depuis des années d'une possible dimension militaire du programme nucléaire iranien.

Bon timing pour un dialogue direct

Yukiya Amano a indiqué avant son départ pour Téhéran aborder cette visite «dans un état d'esprit positif» et «avec l'espoir de parvenir à un accord».

Il a souligné que «des progrès satisfaisants» avaient été enregistrés lors de deux jours de discussions avec l'Iran la semaine dernière à Vienne après des mois de blocage, et estimé que c'était «le bon moment d'avoir un dialogue direct avec des officiels iraniens».

Les discussions devaient porter sur les conditions de travail de l'AIEA en Iran, mais également sur des points concrets comme l'accès au site militaire de Parchin où l'agence onusienne soupçonne Téhéran d'avoir mené des tests d'explosions conventionnelles susceptibles d'être utilisés pour développer une arme atomique.

Pas d'accès à Parchin

L'Iran a refusé jusqu'à présent aux inspecteurs de l'AIEA tout accès à ce site qui ne figure pas parmi les installations nucléaires soumises au contrôle de l'agence.

Une réconciliation avec l'AIEA autour de nouvelles règles offrant davantage de transparence sur le programme nucléaire iranien constituerait un signal positif de l'Iran avant sa rencontre mercredi à Bagdad avec les grandes puissances.

Cette réunion cruciale doit permettre à Téhéran et au groupe des «5 1» (les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats- Unis, Russie, Chine, France, et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) de rechercher un compromis pour sortir de la crise créée par le programme nucléaire iranien.

Le délai très court dont dispose le chef de l'AIEA avant la réunion de Bagdad laisse toutefois les diplomates occidentaux sceptiques sur les chances de voir l'Iran changer radicalement d'approche. «Nous n'allons rien faire de concret en échange de belles paroles», a rappelé l'un d'eux.

Mais la visite du chef de l'AIEA à Téhéran n'est pas dépourvue d'enjeu. «Amano ne se serait pas déplacé à Téhéran s'il n'avait pas reçu des assurances que des progrès peuvent être réalisés. S'il revient à Vienne les mains vides, ce sera plus embarrassant pour l'Iran que pour l'agence», souligne Ali Vaez, analyste du groupe de réflexion International Crisis Group.

(ats/afp)

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