Allemagne: Le pays fait un pas vers une sortie de crise

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AllemagneLe pays fait un pas vers une sortie de crise

Le parti socio-démocrate a renoncé mercredi à son opposition de principe avec Angela Merkel. Son chef ouvre la voie à une alliance.

L'Allemagne a fait un pas vendredi vers une sortie de crise. Le chef des sociaux-démocrates a renoncé à son opposition de principe à une alliance avec Angela Merkel pour former un gouvernement.

Le patron du SPD Martin Schulz a effectué cette annonce au lendemain d'une rencontre avec le président allemand Frank-Walter Steinmeier, et après une réunion nocturne des cadres de ce parti.

Mais lors d'une conférence de presse, Martin Schulz a assuré que tout accord quel qu'il soit serait de toute manière soumis à l'approbation de la base du SPD.

Les intentions des sociaux-démocrates restent donc encore floues. Le SPD pourrait discuter d'une nouvelle «grande coalition» avec les conservateurs de la chancelière ou du soutien à un éventuel gouvernement minoritaire emmené par Mme Merkel. Cette dernière option n'a pas les faveurs de l'intéressée.

«Il n'y aura rien d'automatique», a insisté l'ex-président du Parlement européen, évoquant «des semaines» de pourparlers à venir.

Recul

Ce changement de ligne constitue un recul pour M. Schulz qui, depuis son résultat humiliant aux législatives du 24 septembre, affichait une opposition de principe à la reconduction de la coalition sortante sous l'égide de la chancelière.

Ce refus avait forcé Mme Merkel à tenter de négocier une alliance a priori contre-nature avec les Verts et les Libéraux, des efforts qui ont échoué le 19 novembre.

Martin Schulz avait vu depuis les appels à éviter des législatives anticipées se multiplier, jusque dans son propre parti. Mais jusqu'à vendredi, il y était resté sourd.

Appel de Steinmeier

Le chef des sociaux-démocrates a expliqué au final son revirement par «l'appel» solennel du président Steinmeier, figure respectée de la social-démocratie, qui tente une médiation afin d'éviter des législatives anticipées.

Mais M. Schulz a aussi changé de position au moment où les critiques se multipliaient juste avant le congrès de son parti (7-9 décembre), au cours duquel il se représente à la tête du SPD.

Une première rencontre réunissant la chancelière, son allié bavarois Horst Seehofer et Martin Schulz doit avoir lieu la semaine prochaine sous l'égide du chef de l'Etat.

Nouveau scrutin risqué

En cas d'échec des pourparlers entre conservateurs et sociaux-démocrates, l'Allemagne ne pourra que difficilement échapper à un scrutin anticipé, ce qui serait une première dans l'Histoire d'après-guerre de ce pays.

Mais l'organisation d'une telle élection est risquée, car le paysage politique allemand a déjà vécu un séisme politique à l'issue des législatives du 24 septembre avec l'entrée fracassante de députés d'extrême droite à la chambre des députés, privant au passage le pays d'une majorité pour gouverner.

L'Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui a promis de «faire la chasse» à Mme Merkel, pourrait même faire mieux encore en cas de nouvelles élections, au vu des sondages. Or c'est la percée de ce parti qui rend la quête d'une majorité si difficile.

«Pleinement impliquée» dans l'UE

En Europe aussi, on regarde de près les évolutions en Allemagne. Car sans la voix de Berlin, la réforme d'une Union européenne en crise ou la négociation du Brexit risquent d'être freinées.

L'Allemagne reste «pleinement impliquée» dans les affaires de l'UE, a déclaré vendredi à cet égard la chancelière, à l'issue d'un sommet organisé à Bruxelles entre l'UE et six pays de l'ex-URSS.

«Nous sommes pleinement capables d'agir et de prendre toutes les décisions nécessaires», a-t-elle insisté, estimant que sa présence à Bruxelles vendredi en était «un bon exemple».

(ats)

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