07.06.2019 à 18:25

Le paysan meurtrier n'ira finalement pas en prison

Canton de Saint-Gall

Le fermier de Ricken qui avait écopé de 20 ans de prison en 2017 pour avoir tué sa belle-mère et blessé son père a été diagnostiqué schizophrène.

(Image prétexte) Le prévenu avait frappé sa belle-mère et son père de 84 ans avec une masse de huit kilos.

(Image prétexte) Le prévenu avait frappé sa belle-mère et son père de 84 ans avec une masse de huit kilos.

Keystone

La justice st-galloise a jugé irresponsable de ses actes un homme condamné en 2017 à 20 ans de prison et à l'internement en premier instance. Ce paysan schizophrène avait tué sa mère et grièvement blessé son père en 2015. Il sera placé en milieu psychiatrique fermé.

Les faits remontent à janvier 2015 et se sont déroulés dans une ferme isolée de Ricken (SG). Le prévenu a d'abord tiré sur le fermier avec un revolver militaire, le blessant au bras. Il a ensuite frappé sa belle-mère et son père de 84 ans avec une masse de huit kilos. La femme n'a pas survécu, son mari a été grièvement blessé. Le père de l'assassin avait gardé de lourdes séquelles de ses blessures, mais il est finalement décédé quelques mois plus tard d'une maladie sans lien avec le drame.

Accusation opposée à la condamnation

En juin 2017, le tribunal de première instance avait créé la surprise: il avait reconnu l'accusé, aujourd'hui âgé de 49 ans, coupable d'assassinat et de tentatives d'assassinats. Estimant, sur la base d'une expertise, que le quadragénaire - un rentier à l'AI - ne pouvait pas être soigné de ses troubles de la personnalité, la Cour a prononcé une peine de 20 ans, assortie d'un internement.

Ce jugement n'a convaincu ni la défense ni l'accusation, les deux parties estimant que l'accusé n'était pas responsable de ses actes. Ils ont donc fait appel.

Pronostic favorable

Le Tribunal cantonal a exigé une nouvelle expertise. Celle-ci a révélé que le prévenu est, en réalité, schizophrène. Il est donc effectivement irresponsable de ses actes, a invoqué vendredi le président du tribunal. Selon la nouvelle expertise, médicaments et thérapies permettront d'atteindre une amélioration de la santé mentale de l'accusé à l'avenir.

Placé en milieu psychiatrique fermé, le quadragénaire n'en sortira que lorsque son état se sera suffisamment amélioré pour ne plus représenter aucun danger pour la société. En langage non juridique, cette mesure est aussi appelée «petit internement».

(ats)

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