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Fédérales 2019Le PDC mise sur une offre pléthorique de candidats

Les candidats qui se présentent au National sous les couleurs du PDC ont doublé depuis 2007. Le parti dit vouloir offrir un véritable choix.

Si le nombre de candidats en lice pour le Conseil national a augmenté d'un tiers en douze ans, celui des candidats estampillés PDC a doublé depuis 2007. Le parti dit vouloir offrir un véritable choix, mais un politologue s'interroge sur la cohésion des démocrates-chrétiens.

Au total, 3522 candidats s'étaient lancés dans la course au Conseil national en 2007. Ils sont 4652 en 2019, soit 32% de plus. Tous les principaux partis ont augmenté le nombre de leurs candidats depuis. L'offre socialiste a grimpé de 46%, celle de l'UDC de 40%, tandis que celle du PLR s'est limitée à 15%.

Mais c'est le PDC qui se démarque dans cette catégorie. Les démocrates-chrétiens présentent près de deux fois plus de candidats ( 94%), l'offre passant de 361 prétendants à 702 en douze ans. L'augmentation a subi un coup d'accélérateur entre 2015 (444 candidats) et 2019 (702).

«Davantage que le PLR, le PDC a choisi dans les différents cantons une stratégie plus marquée de sous-apparentements, de listes avec femmes, jeunes, etc.», constate le professeur à l'Université de Lausanne (Unil) Oscar Mazzoleni.

Stratégie nationale

«Il s'agit d'une stratégie nationale décidée avec les sections cantonales il y a près de deux ans», confirme le porte-parole du PDC, Michael Girod. Dans une élection qui se déroule à la proportionnelle, il juge normal que son parti ouvre ses listes à un maximum de personnes qui partagent les valeurs démocrates-chrétiennes.

«Au sein de notre base, nous assistons aussi à un changement générationnel avec un grand nombre de jeunes qui se reconnaissent dans nos réponses apportées aux préoccupations de la population», poursuit M. Girod.

Problème d'identité

«L'augmentation des candidats peut avoir l'avantage de couvrir plus largement les intérêts des différents groupes que le parti veut représenter», résume le politologue Oscar Mazzoleni.

«Plus que pour les autres, le PDC tente de pallier son problème d?identité partisane (le référent chrétien reste peu clair) avec une offre fondée sur les candidats, sur leur profil et leur représentativité», précise M. Mazzoleni. Le cas du PDC est particulier; les autres partis misent davantage sur des thèmes et leurs solutions, ajoute le politologue.

La stratégie n'est effectivement pas la même au PLR. «Les sections cantonales sont souveraines en la matière et le PLR Suisse n'intervient pas dans la composition des listes», indique Fanny Noghero, porte-parole des libéraux-radicaux. Le parti relève toutefois ne pas voir l'intérêt de «multiplier indéfiniment les candidats».

Sept sièges, 35 PDC

Dans certains cantons, la stratégie du PDC met à mal la logique arithmétique du scrutin. A Fribourg, où sept sièges sont en jeu, les candidats estampillés PDC sont 35, soit cinq fois plus. Comment justifier cette inflation du nombre de candidats et comment l'électeur va-t-il réagir?

«Nous voulons offrir un véritable choix aux électrices et aux électeurs au travers des 702 candidates», assure M. Girod. «Cette multiplication peut compliquer la tâche pour les électeurs: il peut devenir plus difficile de choisir et, à la longue cela peut rendre également difficile de s'identifier au parti», prévient M. Mazzoleni, pour qui une telle multiplication des candidats peut aussi témoigner d'une faible cohésion du parti.

«La loi sur les droits politiques est claire sur ce qui peut et ne peut pas se faire», rappelle Mme Noghero, sans commenter l'exemple démocrate-chrétien. «Et le nombre de candidats est souvent lié aux opportunités. Plus l'élection est fermée, avec tous les sortants qui se représentent, par exemple, moins il y aura de candidats intéressés», précise la porte-parole.

Statistiquement, l'augmentation du nombre de candidats ne conduit pas à une augmentation du nombre d'élus. Entre 2007 et 2015, le PDC a présenté 23% de candidats supplémentaires, mais a enregistré un recul de quatre sièges. Le PLR et l'UDC, avec respectivement 7% et 7,7% de candidats en plus, ont gagné deux et trois sièges. «Ces dernières années, le PDC n'a pas gagné son pari. On verra en octobre», conclut M. Mazzoleni.

(ats)

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