Actualisé 01.05.2018 à 20:40

Le Pen espère une «insurrection électorale»

1er Mai

La présidente du Front national a accueilli mardi à Nice ses alliés européens pour défendre une «autre Europe» des nations.

La présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, a appelé mercredi à la création d'alliances avec d'autres formations souverainistes. Elle estime que le climat n'a jamais été aussi «favorable» pour changer la «nature» de l'Union européenne lors des élections de 2019.

«Nous pensions que nous ne pouvions changer l'Europe que par la voie de l'Élysée (...). Une autre voie s'est désormais ouverte», a-t-elle déclaré lors d'un discours à Nice, devant les partisans du «Mouvement pour une Europe des nations et des libertés» (MENL), une alliance de partis politiques européens de droite nationaliste et d'extrême-droite.

Dans ce meeting rythmé par des propos hostiles à l'immigration et la mondialisation, Marine Le Pen a prôné des rapprochements pour construire une «union des nations européennes».

«Nous avons pour ambition de réaliser en France le score le plus haut possible avec une ligne d'ouverture qui alliera je l'espère, au-delà du FN, tous les courants nationaux et souverainistes d'où qu'ils viennent», a-t-elle ajouté. La victoire, qu'elle croit possible, «serait une révolution par les urnes, une révolution venue d'une insurrection électorale».

Pour la leader frontiste, «la donne est différente» par rapport à 2014, lorsque son parti avait fini en tête des élections européennes en France, avec 24,86% des suffrages.

Selon elle, le modèle européen actuel «craque de toutes parts» en raison, notamment, de «l'affaiblissement d'une chancelière qui, chaque jour, perd un peu plus de pouvoir, (la chancelière allemande, Angela Merkel, NDLR)» et «l'isolement du 'vibrionnant' Monsieur Macron dont l'européisme finit par fatiguer les européistes».

UE fustigée

Elle n'a pas mentionné dans son discours le thème de la sortie de l'euro ou de l'Europe mais a passé de longues minutes à fustiger l?actuelle Union européenne, «la prison des peuples». «C'est comme l'Union soviétique», a-t-elle lancé, «quand vous y êtes, vous n'avez plus le droit d'en sortir».

En début de matinée, Marine Le Pen a déposé une gerbe de fleurs aux pieds de la statue de Jeanne d'Arc à Cannes, un hommage que son père, Jean-Marie Le Pen, le fondateur du mouvement avec qui elle est en froid, organise chaque année à Paris.

A l'issue de cette brève cérémonie, la patronne du parti qui doit prochainement être rebaptisé Rassemblement national s'est exprimée pour la première fois sur l'action des militants d'extrême droite Génération Identitaire. Ces derniers s'étaient rendus au col de l'Echelle (Hautes-Alpes), point de passage entre la France et l'Italie utilisé par des migrants, afin de «quadriller la zone et stopper toute tentative de s'introduire illégalement en France».

«J'ai trouvé que c'était une belle opération de communication», a-t-elle déclaré. «Ils ont forcé l'ensemble de l'hémicycle de l'assemblée nationale à réclamer, y compris sur les bancs de la gauche, que ce soit la police qui protège nos frontières.»

(ats)

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