26.02.2018 à 11:17

Le Pen: «Sans doute, j'aurais fait mon devoir»

Torture

Le fondateur du Front national a avoué ce lundi matin qu'il aurait eu recours à la torture si on lui avait ordonné de le faire.

Jean-Marie Le Pen s'est défendu d'avoir torturé pendant ses deux années algériennes. Il l'aurait "sans doute" fait si on lui avait demandé. (photo RTL)

Jean-Marie Le Pen s'est défendu d'avoir torturé pendant ses deux années algériennes. Il l'aurait "sans doute" fait si on lui avait demandé. (photo RTL)

Jean-Marie Le Pen, l'ancien président du parti d'extrême droite français Front national (FN), a déclaré lundi qu'il aurait «sans doute» pratiqué la torture en Algérie si on le lui avait demandé, et ce par «devoir».

Interrogé sur la radio RTL (écouter le document à partir de 8 minutes 30) sur son éventuelle participation à la torture si on le lui avait demandé, il a répondu «sans doute». «J'aurais fait mon devoir, préférant la vie d'une petite fille innocente à celle d'un tueur qui pose la bombe», a-t-il déclaré.

Jean-Marie Le Pen a combattu dans un régiment de parachutistes en 1956-1957 en Algérie, ancienne dépendance française devenue indépendante en 1962.

«Les consignes qui étaient données étaient d'éradiquer à n'importe quel prix la menace terrible que faisait peser le terrorisme, qui a fait des centaines de morts, de blessés et de mutilés, dont personne ne parle», a expliqué le cofondateur du FN, depuis évincé par sa fille Marine Le Pen à la tête du parti.

«Et c'était justement à la recherche de ces réseaux de bombes qu'un certain nombre de procédés ont été utilisés, beaucoup plus humains que de déchiqueter les jambes d'une petite fille», a-t-il soutenu.

Procès gagnés

M. Le Pen a démenti toutefois avoir pratiqué lui-même la torture en Algérie. «J'ai gagné tous mes procès dans ce domaine», a-t-il fait valoir.

L'ancien président du FN de 1972 à 2011 revient dans le premier tome de ses mémoires à paraître le 1er mars sur la torture pratiquée durant la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962).

«L'armée française revenait d'Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui passent l'imagination et font paraître l'arrachage d'un ongle pour presque humain. (...) Cette horreur, notre mission était d'y mettre fin. Alors, oui, l'armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d'Alger, mais les moyens qu'elle y employa furent les moins violents possibles», écrit M. Le Pen.

«Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l'intégrité physique», affirme dans ses mémoires M. Le Pen.

(AFP)

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