Actualisé 27.12.2018 à 05:52

ConflitLe père de la voisine encombrante est prié de se taire

La bagarre judiciaire impliquant un ministre jurassien ne connait pas de trêve, à Delémont.

par
Vincent Donzé
Les lieux du conflit.

Les lieux du conflit.

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Face à neuf voisins ligués contre lui, dont le ministre jurassien Martial Courtet (PDC), un couple de Delémont (JU) se débat contre son expulsion ordonnée par la justice jurassienne. Mais dans ce conflit de voisinage, c'est l'intervention du père de la voisine expulsée qui a préoccupé les magistrats avant les fêtes.

Prévenu de violence contre des fonctionnaires, d'injure, de menaces, de calomnie, voire diffamation, le père qui défend sa fille et sa petite-fille risque la prison.

Décision rendue

Dans une décision rendue le 19 décembre dernier, la Chambre pénale des recours a rejeté le recours déposé par le père d'Émilie. En conséquence de quoi les mesures de substitution valables depuis le 25 janvier sont maintenues: ce ressortissant de Malleray (BE) a l'interdiction de prendre contact «de quelque manière que ce soit» avec le ministre et son épouse, réseaux sociaux compris, jusqu'au 2 avril 2019.

La justice jurassienne interdit aussi à Christophe R. d'intervenir au nom de sa fille auprès de la procureure et de divulguer publiquement les faits et actes d'instruction liés aux procédures pénales en cours: il n'a pas le droit «de transmettre aux médias des éléments des dossiers officiels».

«Ce que je veux»

Le papa de la voisine s'est mis la Chambre pénale des recours à dos en affirmant dans son recours du 27 octobre: «J'écris ce que je veux! Je publie ce que je veux!». En dépit d'un casier judiciaire vierge, la prison pend au nez de ce papa qui a déclaré la guerre à l'épouse du ministre en lui écrivant sur Messenger: «Vous allez en baver».

La justice reproche au mécanicien de Malleray d'entretenir «de manière générale» un mépris à l'égard des voisins de sa fille et des institutions

Des lettres

Tenu de se taire, l'homme passe ses jours de fêtes à rédiger des lettres à l'intention des Conseillers fédéraux. Son courrier s'adressera aussi à divers politiciens et partis politiques. «Je n'ose plus défendre ma fille, mais là, ils vont voir le contraire», prévient-il.

Depuis le 14 décembre dernier, la maison louée à Cédric (26 ans) et Émilie (19 ans) appartient entièrement à la maman du locataire expulsé avec sa famille.

Pneus crevés

Bruit, odeur, cris, insultes, menaces et déprédations: tout a été reproché au couple qui élève une petite fille. Au cœur du conflit, il est question de pneus crevés et de boulons dévissés.

Pour accéder à leurs deux garages, le ministre et son épouse avocate utilisent un droit de passage sur la parcelle des voisins maudits.

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