France: Le père du petit Grégory sort du silence
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FranceLe père du petit Grégory sort du silence

Jean-Marie Villemin ne s’était pas exprimé depuis 15 ans. Il revient aujourd’hui sur la terrible affaire dans la postface d’un livre.

par
R.M.
Le petit Grégory Villemin, alors 4 ans, a été retrouvé mort dans la Vologne le 16 octobre 1984.

Le petit Grégory Villemin, alors 4 ans, a été retrouvé mort dans la Vologne le 16 octobre 1984.

AFP

37 ans après la découverte du corps sans vie de son fils dans les eaux de la Vologne, dans les Vosges, Jean-Marie Villemin évoque dans la postface d’un livre divers aspects de la tristement célèbre affaire du petit Grégory, tué alors qu’il avait 4 ans. C’est un événement rare: Jean-Marie Villemin ne s’était pas exprimé publiquement depuis quinze ans, rappelle Franceinfo.

Le père du petit Grégory rend d’abord hommage à l’auteur du livre, «Parole d’avocat»: Thierry Moser. Il qualifie de «grand frère» l’homme de loi qui est à ses côtés depuis 1985. Et le remercie de se battre «de façon désintéressée et déterminée, avec ses confrères, pour Grégory, pour les frères et la sœur de Grégory qui sont nés après l’assassinat de 1984, pour Christine (son épouse, ndlr) et pour moi», relate «L’Est Républicain».

«Anéantissement total»

Jean-Marie Villemin revient aussi sur le drame et sur cet «anéantissement total» qu’il a ressenti avec son épouse. Ainsi que sur le fiasco judiciaire qui a suivi, «l’enchaînement tragique qui a vu le magistrat instructeur Jean-Michel Lambert échouer à mener son dossier d’instruction». Un juge Lambert qu’il qualifie de «triste», «versatile» et «désavoué» par ses pairs. Surnommé «Le Petit Juge», le magistrat s’était donné la mort en juillet 2017.

Le père du petit Grégory évoque aussi le meurtre qu’il a lui-même commis en 1985, lorsqu’il avait abattu son cousin Bernard Laroche d’un coup de fusil, persuadé qu’il s’agissait du coupable. «J’ai été voir Bernard Laroche pour qu’il avoue et je l’ai tué dans un moment d’aberration et de total désespoir», écrit-il. Il a été condamné en 1993 à cinq ans de prison dont un avec sursis pour ces faits.

«Pour la mémoire de Grégory»

Dans cette affaire qui reste l’une des plus retentissantes énigmes judiciaires françaises, Jean-Marie Villemin indique enfin qu’il conserve l’espoir de connaître la vérité. «Nous espérons, Christine et moi, que nous pourrons enfin aboutir, dans un avenir pas trop éloigné, à une juste solution. Il le faut par respect pour la mémoire de Grégory», note-t-il.

Un espoir qu’il lie également à la mise en examen des époux Jacob en 2017, même si elle avait finalement été annulée. Cette mise en examen est «un rebondissement qui nous fait espérer l’élucidation du crime dont notre enfant est la malheureuse victime», écrit-il. Mais son avocat Thierry Moser «pressent que les mis en examen vont se battre essentiellement sur le terrain de la procédure. De notre point de vue, il s’agit, d’une part de gagner du temps et d’autre part, de tenter d’éluder le débat sur le fond qui pourrait s’avérer très embarrassant pour eux», ajoute le père du petit Grégory.

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