Suisse – Le peuple devra voter sur l’abolition de l’impôt anticipé

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SuisseLe peuple devra voter sur l’abolition de l’impôt anticipé

Un comité interpartis de gauche composé du PS, des syndicats et des Verts, a déposé mardi, à Berne, un référendum avec près de 60’ 000 signatures valides.

Le comité référendaire devant la Chancellerie fédérale ce mardi, à Berne.

Le comité référendaire devant la Chancellerie fédérale ce mardi, à Berne.

PS/Twitter

Le peuple devra voter sur l’abolition de l’impôt anticipé sur les intérêts des obligations suisses. Un comité interpartis composé du Parti socialiste, des syndicats et des Verts a déposé mardi, à Chancellerie fédérale, un référendum muni de 60’000 signatures. Pour la gauche l’impôt anticipé sert à éviter que les gestionnaires de fortune douteux, les gros investisseurs et les oligarques ne trichent avec le fisc. Le supprimer revient à donner un laissez-passer pour la criminalité fiscale, et ce aux frais de la collectivité.

De quoi on parle?

«Ce projet fait partie d’un grand plan de la droite, visant à réduire toujours plus les impôts des grandes entreprises et des personnes fortunées au détriment de la collectivité», a déclaré le conseiller national et co-président du PS Suisse, Cédric Wermuth (AG). C’est une gifle pour tous les contribuables honnêtes qui doivent payer des impôts sur chaque franc de leur revenu et de leur compte d’épargne, a abondé Prisca Birrer-Heimo (PS/LU). «Leur petite fortune mise de côté sur les comptes d’épargne continuerait d’être soumise à l’impôt anticipé, tandis que les gros investisseurs s’en sortiraient sans payer d’impôt», a-t-elle expliqué.

Perte de plus d’un milliard

Le comité référendaire estime en outre que la suppression de cet impôt entraînerait des pertes importantes. «Le projet est une bombe à retardement pour la politique financière. Outre un milliard de francs perdus directement, le Département des finances s’attend à des pertes fiscales annuelles de près de 200 millions de francs dans le contexte actuel de taux d’intérêt bas», selon le conseiller national et vice-président du PS Suisse, Samuel Bendahan.

«La droite ne cesse de creuser ces inégalités», a abondé le président de l’USS Pierre-Yves Maillard (VD). «Alors que les gros investisseurs sont soulagés, les travailleurs sont de plus en plus mis sous pression en raison de la hausse des primes d’assurance-maladie et des loyers», a-t-il lancé. Ce sont du coup ces derniers qui vont subir le manque de ressources des pouvoirs publics dû à d’énormes pertes fiscales.

Place économique suisse bradée

«La suppression de l’impôt anticipé empêche des investissements importants pour l’avenir et brade la place économique suisse», a ajouté Gerhard Andrey (Vert-e-s/FR). Et de rappeler les grands défis à venir: la prévoyance vieillesse, le changement climatique ou encore la perte de biodiversité. «Sous ces auspices, la volonté de la droite d’octroyer des privilèges fiscaux à ceux qui en ont le moins besoin reste un mystère».

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(cht)

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