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Votations fédéralesLe peuple refuse clairement d'élire le Conseil fédéral

L'initiative populaire de l'UDC a été balayée par 76,3% des votants. Aucun canton ne l'a acceptée. Le «non» est particulièrement fort en Suisse romande.

Le peuple a refusé très clairement dimanche 9 juin de retirer la compétence au Parlement d’élire le Conseil fédéral.

L'initiative de l’UDC réclamait un modèle s'inspirant de l'élection du gouvernement bernois. Le scrutin aurait eu lieu selon le système majoritaire à deux tours. Une clause réservait deux des sept sièges de ministres aux citoyens domiciliés dans les régions francophones et italophones du pays.

Arguments convaincants

Campagnes ruineuses faisant dépendre les candidats de lobbies, personnalisation outrancière aux dépens de la collégialité, conflit entre exécutif et législatif, Tessinois et Romands mis en concurrence: la longue liste d'arguments contre l'initiative a convaincu.

Les tenants du statu quo ont eu aussi beau jeu de dénoncer dans la démarche de l'UDC une réaction à la non-réélection au gouvernement de son mentor Christoph Blocher. Résultat: environ 1,550 million de votants ont glissé un «non» dans l'urne.

Pâle campagne de l'UDC

L'UDC n'a réussi qu'à attirer quelque 480'500 voix. Sa campagne a fait pâle figure. Le parti n'a en outre pas cherché activement le soutien de la gauche, historiquement favorable à un scrutin populaire.

Les socialistes, avec les catholiques conservateurs la première fois, sont à l'origine des deux précédentes initiatives populaires rejetées en 1900 et 1942. Cette fois, l'élection du Conseil fédéral par le peuple n'a reçu que quelques appuis épars et timides à gauche comme ceux de Micheline Calmy-Rey et de Pierre-Yves Maillard.

Rejet univoque

Le rejet du peuple est encore plus net: 7X% contre 67,6% en 1942 et 65% en 1900. Comme il y a 71 ans, les cantons ont parlé d'une seule voix. En 1900, ils étaient neuf à dire oui, principalement dans le camp catholique conservateur (UR,SZ,OW,NW,GL,ZG,FR,TI,VS).

Dimanche, l'initiative a réalisé son moins mauvais score au Tessin (67,8% de non), canton qui se plaint régulièrement de ne plus être représenté au gouvernement. Suivent Schwyz (69,6% de non) et Schaffhouse (70,9%). Dans ces deux cantons, l'UDC est très forte.

Les quatres cantons les plus réfractaires sont romands: le Jura (82%), Neuchâtel (80,8%), Fribourg (80,3%) et Vaud (79,5%). Ils sont suivis par Berne (79,3%) et Bâle-Ville (79,2%). En Valais (78,5%) aussi, le rejet dépasse la barre des trois quarts des votants. Ce qui n'est pas le cas à Genève (73,9%).

(ats)

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