07.08.2020 à 18:48

Drame au Liban«Le peuple veut la chute du régime»

Deux ministres libanais qui faisaient un tour dans les quartiers à Beyrouth ont été pris à partie par des volontaires qui déblayaient les décombres.

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L’armée libanaise a annoncé samedi avoir recensé 85'744 «unités» endommagées, dont des maisons, des hôpitaux et des écoles, après l'explosion au port. (Samedi 19 septembre 2020)

L’armée libanaise a annoncé samedi avoir recensé 85'744 «unités» endommagées, dont des maisons, des hôpitaux et des écoles, après l'explosion au port. (Samedi 19 septembre 2020)

AFP
Des secouristes fouillent les débris d'un immeuble effondré après avoir reçu des signaux qu'un survivant pourrait se trouver sous les décombres. (Samedi 5 septembre 2020)

Des secouristes fouillent les débris d'un immeuble effondré après avoir reçu des signaux qu'un survivant pourrait se trouver sous les décombres. (Samedi 5 septembre 2020)

KEYSTONE
Emmanuel Macron s'est rendu à bord de deux navires français arrivés à Beyrouth avec des milliers de tonnes d'aide d'urgence. (Mardi 1 septembre 2020)

Emmanuel Macron s'est rendu à bord de deux navires français arrivés à Beyrouth avec des milliers de tonnes d'aide d'urgence. (Mardi 1 septembre 2020)

Keystone

Deux ministres libanais ayant tenté une timide sortie dans les quartiers de Beyrouth dévastés par l’explosion au port de la capitale ont été violemment pris à partie par des volontaires qui déblayaient les décombres, ne décolérant pas face à l’incurie du pouvoir.

L’accueil tranche avec celui enthousiaste réservé jeudi au président français Emmanuel Macron, qui s’est offert un bain de foule dans le centre de Beyrouth auprès de Libanais fustigeant leurs dirigeants accusés de corruption et d’incompétence.

150 morts et 5000 blessés

Vendredi, le ministre de l’Education Tarek Majzoub est descendu balai à la main pour aider dans le quartier de Karantina, où il a été accueilli dans la colère.

«Démissionne», «le peuple veut la chute du régime», «Préparez la potence», ont hurlé les volontaires, contraignant le ministre à repartir, selon des vidéos circulant sur les réseaux sociaux et des télévisions locales.

Face à la faible réactivité des autorités après le drame survenu au port, les Libanais ont pris les choses en main et lancé eux-mêmes les opérations de nettoyage.

Un homme marche au milieu des gravats à Beyrouth. (7 août 2020)

Un homme marche au milieu des gravats à Beyrouth. (7 août 2020)

KEYSTONE

Jeudi, la ministre de la Justice Marie-Claude Najm avait tenté de se rendre dans le quartier dévasté de Gemmayzé, visité par M. Macron le même jour.

Des volontaires ont réclamé sa démission, n’hésitant pas à l’insulter et à l’asperger avec de l’eau, malgré les militaires qui l’escortaient, selon des vidéos filmées par un témoin.

«Ministre de la corruption, pas ministre de la Justice», a lancé l’un d’entre eux.

«Si tu as de l’honneur, démissionne», lui a lancé une Libanaise.

L’explosion dans le port de Beyrouth mardi a fait plus de 150 morts et 5000 blessés. Elle a été provoquée par plusieurs tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis six ans dans un entrepôt «sans mesures de précaution», de l’aveu même du premier ministre.

Appels sur les réseaux sociaux pour une manif

Le drame a alimenté la colère des Libanais, déjà mobilisés à l’automne 2019 lors d’un soulèvement populaire inédit, pour dénoncer une crise économique et une classe politique quasi-inchangée depuis des décennies.

L’ancien premier ministre Saad Hariri, qui a inspecté les dégâts près du port, s’est rendu mercredi sur la tombe de son père dans le centre de Beyrouth.

Là, il a été pris à partie par des volontaires et des manifestants. Une femme a tapé des paumes et du pied sur un des 4X4 de son convoi avant qu’un policier ne l’agrippe violemment pour l’éloigner.

Des appels circulent sur les réseaux sociaux pour une manifestation anti-gouvernementale samedi.

(AFP/NXP)

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