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ConjonctureLe PIB en hausse de 0,7% au premier trimestre

Le produit intérieur brut a effectué une meilleure performance que prévu au premier trimestre, affichant une hausse de 0,7%. La prudence demeure de mise pour l’ensemble de l’année.

Les consommations privée et publique ont contribué positivement à la croissance.

Les consommations privée et publique ont contribué positivement à la croissance.

Keystone

L’économie suisse a nettement mieux résisté que prévu cet hiver, grâce à une bonne tenue de la consommation. Le produit intérieur brut (PIB) a crû de 0,7% au premier trimestre 2012, après une hausse de 0,5% (révisé de 0,1%) lors des trois derniers mois de 2011.

Cette performance trimestrielle étonne. Les économistes interrogés par l’ats tablaient sur une croissance comprise entre - 0,1% et +0,2% de janvier à mars. En glissement annuel, le PIB a progressé de 2%. Et de 2,1% l’an dernier, contre 1,9% estimé précédemment.

Dans l’ensemble, ce rebondissement significatif contredit les indicateurs avancés de l’an passé, relève Janwillem Acket, chef économiste de la banque Julius Baer. Cette publication jeudi sonne comme une leçon d’humilité pour les analystes, lance-t-il, troublé: «On peut de moins en moins se fier à ces indicateurs».

Disparités

Cette robustesse helvétique se révèle surprenante également aux yeux de Bruno Parnisari, chef du secteur conjoncture du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO). Avant de nuancer: «L’image globale est en effet positive, mais elle n’est pas homogène». Côté négatif, les exportations de marchandises ont reculé de 0,5%.

Un repli qu’essuyent la plupart des branches. La valeur ajoutée s’est, de plus, contractée dans l’industrie (-1,1%) et l’hôtellerie-restauration, toutes deux malmenées par le franc fort, ainsi que dans la construction (-0,5%).

Dans la construction justement, les frimas du mois de février ont refroidi les investissements, lesquels ont chuté de 5% en comparaison trimestrielle. Globalement, les investissements ont diminué de 1,5%, malgré une embellie dans les biens d’équipements.

La consommation, socle de la croissance

Côté positif, les consommateurs helvétiques n’ont pas rechigné à délier les cordons de leur bourse, en dépit de la morosité ambiante. La situation sur le marché du travail restant favorable, les dépenses des ménages se sont améliorées de 0,6% au regard du dernier trimestre de 2011. La consommation publique a aussi contribué positivement à la croissance, avec une hausse de 2%.

Dynamisme également des services publics, de l’immobilier, de l’informatique et du secteur financier. Ce dernier a bénéficié d’un certain répit au cours de la période sous revue sur les marchés.

Mais cette trêve n’aura été que de courte durée. La crise de la dette a ressurgi de plus belle courant avril. Ce qui laisse présager «un deuxième trimestre certainement moins fort», énonce Bruno Parnisari, en se basant sur les indicateurs déjà disponibles.

La Suisse dépend fortement de ses voisins. Pour l’heure, elle fait mieux que ceux-ci. La zone euro a enregistré au premier trimestre de l’année une croissance nulle (0,0%), de même que la France. L’Allemagne a vu son PIB croître de 0,5%. L’Espagne (-0,8%) et l’Italie (-0,3%) se sont enfoncées dans la récession.

De quoi inquiéter. «Combien de temps encore l’Allemagne peut-elle tirer la croissance de la zone euro?», se demande Bruno Parnisari.

Tâche ardue pour la BNS

Et Janwillem Acket de s’interroger sur un autre plan. «Si la Suisse résiste si bien, quelle image transmet-elle à l’étranger? Elle semble profiter de tout le monde. Ce qui constitue un danger pour la Banque nationale suisse (BNS). Il sera désormais plus difficile de défendre le taux plancher de 1,20 franc pour un euro.»

L’économiste, qui escomptait jusqu’ici un taux d’expansion de 0,3% pour 2012, va au demeurant réviser ses prévisions à la hausse, mais ne sait de combien. L’allure devrait être nettement plus lente ces deux prochains trimestres, avant de se reprendre en fin d’année, anticipe-t-il avec moins d’euphorie.

Le SECO ne formule pas de pronostic dans l’immédiat pour l’entier de l’année. Ses prévisions actualisées seront publiées le 12 juin. Les experts de la Confédération s’attendaient à une croissance de 0,8% en mars dernier. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit une hausse du PIB de 0,9%.

(ats)

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