Chine: Le pic de pollution vire à la polémique

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ChineLe pic de pollution vire à la polémique

Les autorités n'ont pas jugé bon de fermer les écoles dans la ville la plus touchée du pays par le brouillard toxique.

Depuis vendredi, un brouillard grisâtre et toxique recouvre une vaste zone du pays le plus peuplé de la planète, affectant pas moins de 460 millions d'habitants et entraînant des fermetures d'autoroutes et des centaines d'annulations de vols. Shijiazhuang, capitale de la province du Hebei, est depuis lors, comme plus de 20 autres villes, en «alerte rouge». Ce statut entraîne des mesures d'urgence, dont des fermetures d'usines polluantes et la circulation alternée.

#Beijing today: pollution red alert issued pic.twitter.com/rXeW3Xnvpw— People's Daily,China (@PDChina) 17 décembre 2016

La ville de 11 millions d'habitants est durement frappée, mais les autorités ont attendu mardi soir avant d'ordonner la fermeture des écoles maternelles et primaires, une mesure déjà prise dans les métropoles voisines de Pékin et Tianjin. Les collèges et lycées peuvent quant à eux fermer, mais n'y sont pas contraints. Le communiqué municipal a provoqué la colère sur les réseaux sociaux. «Les corps des collégiens et lycéens sont-ils équipés de purificateurs d'air?», demande ironiquement un internaute. «Allez-vous attendre que nous soyons tous malades pour résoudre cela?»

L'agence officielle Chine nouvelle a quant à elle dénoncé un «manquement au devoir» des responsables municipaux. Des photos de la province voisine du Henan, largement diffusées sur internet et montrant plus de 400 élèves participant dans un épais brouillard à un examen sur le terrain de foot de leur école pourtant fermée, a encore échauffé les esprits. Mercredi, les rues de Shijiazhuang étaient baignées par une forte odeur de charbon, les piétons et les cyclistes tentant de se frayer un chemin à travers le brouillard.

Trop élevée pour les capteurs

«Je n'aime pas cette pollution mais il faut bien travailler», explique à l'AFP Dong Xiai, une fonctionnaire municipale de 44 ans occupée à balayer le sol. Sur internet, des habitants s'amusent à comparer des photos prises avant et pendant la pollution. A gauche, le temps clair permet d'apercevoir les montagnes au loin. A droite, le brouillard cache l'immeuble en face.

C'est à Shijiazhuang que les compteurs de la pollution ont littéralement «explosé» lundi. La concentration de particules de 2,5 microns de diamètre (PM 2,5), très dangereuses, y ont dépassé les 1000 microgrammes par m3 par endroit, a indiqué Chine nouvelle. Un taux si élevé que les capteurs seraient restés bloqués au chiffre maximal, soit 999. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un niveau maximal de 25 pour une exposition de 24 heures.

«On n'arrive pas à voir le soleil», se plaint Wu Zhiwei, 28 ans. «Les particules provoquent le cancer. C'est pire que de fumer, mais le gouvernement ne fait rien». Les médias chinois ont diffusé ces derniers jours d'angoissantes vidéos aériennes de Shijiazhuang réalisées par des drones, qui montraient des gratte-ciel émergeant péniblement d'un épais magma grisâtre.

Severe #smog in N China disrupts lives of hundreds of millions of people. Readings in #Shijiazhuang once exceeded 1,000 Monday pic.twitter.com/hIPKA3ao5e— China Xinhua News (@XHNews) 20 décembre 2016

Mesures anti-pollution mises en cause

Shijiazhuang est connue pour ses usines pharmaceutiques et textiles, sources majeures de pollution. Mais l'origine la plus probable du récent brouillard sont les aciéries et les mines de charbon du Hebei, la province qui entoure Pékin.

Le nuage toxique pourrait paradoxalement être la conséquence de mesures anti-pollution, selon le quotidien officiel «China Daily». Le gouvernement central a fait fermer de nombreuses aciéries ces derniers mois, entraînant une hausse des prix de l'acier. Celle-ci aurait poussé les sidérurgistes restants... à augmenter leur production pour bénéficier de la remontée des cours, s'alarme un expert interrogé par le journal.

L'alerte rouge doit être levée dans la nuit de mercredi à jeudi à Pékin grâce à l'arrivée d'un front froid qui devrait dissiper en partie la pollution.

(AFP)

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