Berne: Le plafonnement des coûts de la santé laisse sceptique
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BerneLe plafonnement des coûts de la santé laisse sceptique

L'association H+ publie les résultats de son baromètre 2018 sur les hôpitaux et cliniques de Suisse.

L'association H+ publie les résultats de son baromètre 2018 sur les hôpitaux et cliniques de Suisse.

L'association H+ publie les résultats de son baromètre 2018 sur les hôpitaux et cliniques de Suisse.

Jean-Christophe Bott, Keystone

Les citoyens font davantage confiance au pilotage par les autorités politiques qu'au marché pour freiner la croissance des coûts dans le secteur de la santé. Mais l'éventuelle fixation par ces dernières d'un plafond suscite nettement moins d'enthousiasme, lorsqu'elle n'est pas clairement rejetée.

Pour la cinquième fois consécutive, les citoyens suisses ont été interrogés sur le secteur hospitalier et sur la politique de la santé afin de dégager leurs points de vue. Les résultats sont publiés dans le Baromètre des hôpitaux et cliniques de H 2018. Cette année, des questions supplémentaires sont posées sur le pilotage des coûts par les autorités politiques et sur leur plafonnement.

Favorable au pilotage politique des coûts

Deux tiers des personnes interrogées (66%) sont favorables à un pilotage des coûts de la santé par les autorités politiques, alors qu'un quart souhaite s'en remettre au marché. Des majorités se dessinent des deux côtés de l'échiquier politique (64% à gauche, 67% à droite) en faveur d'un pilotage politique.

En revanche, le principe d'un plafond dans le cadre du pilotage des coûts, sous la forme d'un montant maximal facturable à l'assurance-maladie de base pour une année, suscite nettement moins d'enthousiasme, lorsqu'il n'est pas clairement rejeté. Il recueille le plus de suffrages s'il est déterminé au niveau cantonal. Les proportions de citoyens à le juger pertinent (48%) ou pas pertinent (46%) sont presque égales. Une courte majorité favorable se dessine en Suisse alémanique (54%) alors que trois quarts des Tessinois et 54% des Romands y sont opposés.

Un majorité contre les plafonds

La fixation d'un plafond pour certains domaines de prestations est pertinente aux yeux de 36% des personnes interrogées. 29% approuvent une telle limitation si elle est imposée pour l'ensemble de la Suisse et 17% seulement si elle s'applique par fournisseur de prestations. Plus de la moitié des sondés romands (59%) et des personnes sans attaches partisanes (56%) estiment qu'un plafonnement des coûts pour certains domaines de prestations serait pertinent.

Les citoyens ayant un faible niveau de formation (49%) ainsi que les moins de 30 ans (45%) sont également plus nombreux que la moyenne à partager cet avis. Un plafond pour l'ensemble de la Suisse n'a les faveurs d'aucun sous-groupe sociodémographique.

Ouverture et qualité des centres de soins

Désormais, plus de la moitié des personnes interrogées (54%) sont plutôt critiques à l'égard de la limitation des ouvertures de cabinets médicaux, mais les opinions ne sont pas encore bien arrêtées. Il appartient principalement aux cantons de décider à ce sujet. Plus encore qu'en 2017, les citoyens estiment en revanche que les caisses maladie ne doivent pas avoir voix au chapitre.

La qualité des hôpitaux et des cliniques est reconnue - en 2018 pour la première fois, plus de la moitié des personnes interrogées dans le cadre de cette série de sondages trouvent que la qualité est «très bonne» (52%, 9). Cette forte amélioration concerne uniquement la Suisse alémanique. La tendance est inversée en Suisse romande et stable en Suisse italienne. Les hôpitaux et les cliniques comptent toujours parmi les acteurs les plus crédibles de la politique de la santé, après le corps médical.

Tendance à la décentralisation

Ces dernières années, les faveurs vont moins à la concentration dans les centres et davantage à une offre plus large dans les régions périphériques, qui recueille deux tiers des suffrages en 2018. Le trajet à parcourir doit être bref en cas d'urgence, pour des prestations ambulatoires récurrentes ou lors d'une maternité. Les traitements stationnaires de plusieurs semaines en psychiatrie et en réadaptation peuvent au contraire nécessiter des trajets plus longs.

Les personnes interrogées en 2018 sont un peu moins sensibles à la charge financière que l'an passé. La grande qualité des soins de santé justifie les coûts élevés selon un plus grand nombre de citoyens (66%, 13). L'envie d'économiser dans certains domaines est moins forte qu'en 2017. Cela vaut avant tout pour les prestations ambulatoires des hôpitaux. Les médecins généralistes font exception à cette évolution à court terme. Par rapport à l'année précédente, ils se verraient octroyer moins de moyens financiers.

(SDA)

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