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Union européenneLe plan d'investissement de Juncker se met en place

Les discussions vont désormais pouvoir commencer avec le Parlement européen en vue d'une adoption rapide du texte créant un Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS).

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Keystone

Le plan d'investissement proposé par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour relancer la croissance a franchi une étape ce mardi 10 mars. Les Etats membres ont adopté leur mandat de négociation avec le Parlement européen.

«Ce plan est la réponse dont nous avons besoin pour répondre au principal handicap de l'économie européenne : le manque d'investissement», a déclaré le commissaire européen à l'Economie Pierre Moscovici. L'investissement a chuté de 15% à 20% depuis le début de la crise financière en 2008, a-t-il souligné.

Les discussions vont désormais pouvoir commencer avec le Parlement européen en vue d'une adoption rapide du texte créant un Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS). Le vice-président de la Commission chargé du dossier, Jyrki Katainen, s'est dit «sûr que nous serons prêts en juin ou juillet», afin que les premiers projets soient lancés rapidement.

Huit milliards apportés par l'Italie

Le président de la Commission européenne avait présenté à la fin de l'année dernière son plan pour relancer la croissance et l'emploi, afin de soutenir la reprise en Europe. Le FEIS devrait mobiliser 315 milliards d'euros sur trois ans en comptant sur un effet de levier.

Le fonds est à ce stade uniquement financé par la Commission européenne et la Banque européenne d'investissement (BEI), à hauteur de 21 milliards d'euros. Les Etats n'y ont pas contribué directement et préfèrent s'engager sur du co-financement de projets nationaux.

Le premier ministre italien, Matteo Renzi, a annoncé mardi que son pays apporterait huit milliards d'euros dans le cadre de cofinancements. Il rejoint le président français François Hollande, qui a promis une somme équivalente à travers la Caisse des dépôts et la Banque publique d'investissement. L'Allemagne avait déjà promis huit milliards et l'Espagne s'est engagée à hauteur de 1,5 milliard.

Près de 2000 projets

Le fonds sera supervisé par un comité constitué par la Commission européenne et la BEI tandis qu'un comité d'investissement de huit membres choisira les projets. Ceux-ci sont près de 2000 d'une valeur de 1300 milliards d'euros.

Parmi ces projets figurent par exemple un nouveau port en Irlande ou une liaison ferroviaire rapide évaluée à 4,5 milliards d'euros entre les Etats baltes et la Pologne. On note aussi un projet français d'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments publics ou une demande allemande pour des stations de rechargement pour véhicules électriques alimentés à l'hydrogène.

(ats)

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