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Massacre en NorvègeLe plan macabre de Breivik

De la première explosion à Oslo ,survenue vers 15h30, à l'arrestation d'Anders Behring Breivik, rappel des événements qui ont bouleversé la Norvège ce 22 juillet 2011.

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La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a jugé jeudi «irrecevable» la plainte du néo-nazi Anders Behring Breivik. (Jeudi 21 juin 2018)

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a jugé jeudi «irrecevable» la plainte du néo-nazi Anders Behring Breivik. (Jeudi 21 juin 2018)

Anders Breivik a encore protesté contre son isolement. L'extrémiste norvégien a saisi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour dénoncer ses conditions de détention, a déclaré jeudi son avocat. (29 juin 2017)

Anders Breivik a encore protesté contre son isolement. L'extrémiste norvégien a saisi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour dénoncer ses conditions de détention, a déclaré jeudi son avocat. (29 juin 2017)

archive, AFP
Anders Breivik a changé de nom et porte officiellement le nom de Fjotolf Hansen. (Vendredi 9 juin 2017)

Anders Breivik a changé de nom et porte officiellement le nom de Fjotolf Hansen. (Vendredi 9 juin 2017)

AFP

Nation tranquille connue pour pour sa tolérance et sa qualité de vie, la Norvège a subitement basculé dans l'horreur ce vendredi 22 juillet 2011 sous les attaques de l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik.

A 15h25, une forte détonation entendue des kilomètres à la ronde sort le pays de sa torpeur estivale: une camionnette de location transportant quelque 950 kg d'explosifs à base d'engrais vient d'exploser au pied de la tour qui abrite le siège du Premier ministre dans le quartier des ministères à Oslo.

Fort heureusement, Breivik a été retardé dans un embouteillage et de nombreux employés ont déjà quitté leur bureau. L'attentat fait huit morts et des dizaines de blessés, dont neuf graves.

Le chef du gouvernement Jens Stoltenberg travaille dans sa résidence officielle à ce moment-là et s'en sort indemne.

Dans le véhicule qu'il a garé un peu plus loin pour s'enfuir, Breivik entend à la radio que, contrairement à ce qu'il espérait, la tour gouvernementale ne s'est pas écroulée.

Son objectif avoué est de provoquer une attaque aussi spectaculaire que possible pour attirer l'attention sur son "manifeste", un document de 1.500 pages dans lequel il étale son idéologie antimusulmane. Il décide alors de mettre la seconde phase de son plan à exécution.

Déguisé en policier

Vers 17h15, déguisé en policier, il débarque sur l'île d'Utoeya, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest d'Oslo, où, comme chaque année, des centaines de jeunes travaillistes sont réunis pour un camp d'été.

Descendu du chaland MS Thorbjoern qui fait la liaison avec le continent, il abat d'abord la "matriarche" du camp, Monica Bosei, et un policier hors service chargé de la sécurité, soupçonneux à son égard.

Armé d'un fusil Ruger et d'un pistolet Glock semi-automatiques, il arpente l'île à la traque de jeunes gens désemparés dont il tente de gagner la confiance en se présentant comme un policier venu pour les protéger et les évacuer.

Dans la cafétéria, au bout d'un raidillon, 13 personnes tombent sous ses balles. Sur le "sentier de l'amour" qui longe le rivage, 10 autres périssent, puis 14 autres près de la pompe à eau.

"Vous allez tous mourir"

Le massacre dure environ une heure et quart: 189 douilles seront ramassées. Piégés sur une île de 0,12 km2, des jeunes se jettent dans les eaux glaciales du lac. Alertés par les coups de feu, les occupants d'un camping voisin tentent, avec leurs bateaux, de les secourir et essuient aussi des tirs.

"Vous allez tous mourir, marxistes", s'exclame le tueur qui a absorbé un mélange énergisant illicite à base d'éphédrine, de caféine et d'aspirine.

A deux reprises, il appelle la police pour proposer sa reddition. "J'ai achevé mon opération et je souhaite me rendre", dit-il à l'opérateur.

Mais ces communications sont rapidement interrompues et, à chaque fois, la fusillade reprend. Il tire méthodiquement sur ceux qu'il rencontre et n'hésite pas à achever les blessés: 56 de ses 69 victimes sur Utoeya seront retrouvées avec une balle dans la tête.

Venue par la route depuis Oslo puis à bord d'un modeste bateau pneumatique qui rend l'âme, une équipe d'intervention spéciale parvient, dans des conditions épiques, à débarquer sur Utoeya.

Arrestation

A environ 18h34, Breivik est enfin arrêté. Sur les quelque 600 personnes présentes sur Utoeya, 67 sont mortes par balles et deux autres d'une chute ou par noyade. Trente-trois autres sont blessées.

La plupart des victimes avaient moins de 20 ans: la plus jeune avait soufflé sa quatorzième bougie cinq jours plus tôt.

Signe du déchaînement de violences, jusqu'à huit impacts de balles seront retrouvés sur le corps d'un adolescent de 18 ans.

A son procès, Breivik a reconnu les faits mais plaidé non coupable et demandé son acquittement.

(AFP)

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