Actualisé 16.04.2016 à 17:26

Assemblée du PLRLe PLR a une nouvelle présidente

La Schwyzoise de 40 ans Petra Gössi est la nouvelle présidente du PLR. Elle a promis d'apprendre le français.

Philipp Müller et Petra Gössi ce 16 avril 2016.

Philipp Müller et Petra Gössi ce 16 avril 2016.

Keystone

Le président sortant du PLR Philipp Müller a remis samedi les clés du parti à Petra Gössi, nouvellement élue. Ses adieux se sont faits dans les éclats de rire des délégués, réunis en assemblée à Berne, égayés par les anecdotes de l'Argovien.

Le PLR se porte très bien aujourd'hui, a déclaré Philipp Müller dans son dernier discours en tant que président du PLR Suisse. Il a rappelé la méfiance à son encontre de la part de certains libéraux-radicaux lors de son élection il y a quatre ans.

Philipp Müller tire avec d'autant plus de satisfaction le bilan de son mandat: «Pour la première fois depuis 1979, nous avons progressé aux dernières élections». Et cela pas seulement au niveau national. «Depuis l'été 2014, nous gagnons sans cesse des parts lors d'élections cantonales et communales».

Compilation d'anecdotes

Philipp Müller est convaincu que cette progression se poursuivra, car seule une petite part de ce succès revient au président du parti. «On ne peut rien faire bouger si ça ne joue pas à la base». Cette base, ce sont les délégués et les partis locaux.

Les mots d'adieu du président sortant ont moins été un exposé tourné vers l'avenir qu'une compilation d'anecdotes. Les délégués présents à l'Hôtel National de Berne l'ont gratifié de fréquents éclats de rire et d'applaudissements: «Je sais pourquoi vous êtes venus si nombreux», leur a lancé Philipp Müller: «Vous voulez être sûr que je pars».

L'Argovien a pris la tête du PLR en avril 2012. Depuis novembre 2015, il représente son canton au Conseil des Etats. Auparavant, le politicien âgé de 63 ans a siégé treize ans au Conseil national. Plâtrier de formation, il est entrepreneur depuis 1991.

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a remercié Philipp Müller pour son engagement en faveur du parti, des valeurs libérales et du pays. Il a soudé le parti, estime le Bernois.

Asile et réfugiés

Didier Burkhalter, le second conseiller fédéral libéral-radical, a parlé asile et réfugiés. Le chef du Département des affaires étrangères a exhorté les délégués à ne pas oublier la tradition humanitaire de la Suisse: «Les personnes qui ont besoin de notre protection doivent pouvoir rester». Le devoir humanitaire fait partie des valeurs centrales des Libéraux-radicaux, a-t-il rappelé.

Le Neuchâtelois a en particulier critiqué les velléités de couper dans l'aide humanitaire sur place. «Si les femmes et les hommes, si les enfants peuvent vivre dans leur pays avec dignité et sécurité, ils ne viendront pas en Europe, ni en Suisse».

Petra Gössi élue à l'unanimité

La succession de Philipp Müller revient à la conseillère nationale Petra Gössi. La Schwyzoise étant la seule candidate à la présidence, son élection à l'unanimité n'a été qu'une formalité. Le conseiller national Christian Wasserfallen (BE) et le conseiller aux Etats Hans Wicki (NW) avaient réfléchi à se lancer dans la course avant de renoncer.

Dans son discours, Petra Gössi a insisté sur l'importance de la responsabilité personnelle et de la liberté. Deux valeurs qui impliquent de devoir quitter sa zone de confort: «Il est plus facile d'en appeler à l'Etat». Selon elle, le PLR est le seul parti qui défend le modèle à succès qu'est la Suisse. Un modèle toujours plus remis en question par des forces de gauche et conservatrices.

Philippe Nantermod vice-président

La quadragénaire est épaulée par cinq vice-présidents, dont deux occupaient déjà cette fonction. Il s'agit des conseillers nationaux genevois Christian Lüscher et bernois Christian Wasserfallen. Les nouveaux venus sont le conseiller national Philippe Nantermod (VS), le conseiller aux Etats Andrea Caroni (AR) et le conseiller d'Etat tessinois Christian Vitta.

Le PLR a également complété ses recommandations de vote pour le 5 juin. Les délégués ont suivi les arguments rappelés par Didier Burkhalter et ont dit largement oui à la révision de la loi sur l'asile.

L'initiative «En faveur du service public» n'a eu aucune chance et a été rejetée à l'unanimité. Seule l'initiative dite «vache à lait», qui exige davantage d'argent pour la route, était contestée. Plusieurs orateurs ont fait valoir les problèmes de financement qu'elle pose. Le non a finalement été décidé par 210 voix contre 134.

Le PLR avait déjà émis précédemment ses mots d'ordre sur les autres objets soumis en votation le 5 juin: c'est oui à la modification de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée et non à l'initiative pour un revenu de base inconditionnel.

(ats)

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