Berne: Le PLR talonne de plus en plus l'UDC

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BerneLe PLR talonne de plus en plus l'UDC

Depuis trois ans, le PLR se rapproche de l'UDC en termes d'élus dans les élections cantonales. Une tendance qui constitue un signal pour les élections de 2019.

par
Eric Felley
Pascal Sciarini, politologue de l'Université de Genève.

Pascal Sciarini, politologue de l'Université de Genève.

Simon Lanz/UNIGE

Lors des dernières élections genevoises, le PLR a gagné quatre sièges au Grand Conseil, tandis que l'UDC en a perdu trois. Ce résultat confirme une tendance observée depuis les élections fédérales d'octobre 2015. Le PLR a progressé de 33 élus dans les législatifs cantonaux, tandis que l'UDC a régressé de 10.

Sur le plan national, le premier talonne de plus en plus le plus grand parti de Suisse, avec 559 députés cantonaux contre 573.

Quid de 2019?

Si l'on additionne leurs élus dans les législatifs et exécutifs cantonaux, ainsi qu'aux Chambres fédérales, l'UDC et PLR sont quasi au coude-à-coude en termes d'élus… Mais Pascal Sciarini, politologue de l'Université de Genève, rappelle bien que tous les élus n'ont pas forcément le même poids: «Il faut évidemment nuancer selon le type d'arènes politiques… Si l'on pondère le nombre de sièges par la population des cantons, l'UDC reste nettement le parti le mieux représenté dans les législatifs. Le PLR demeure très fort dans les exécutifs. Il réussit mieux dans les élections de type majoritaire que dans les élections de type proportionnel.»

La force de l'UDC se traduit ainsi au Parlement fédéral, où son groupe pèse 34% du Conseil national (avec la Lega et le MCG). Mais par contre elle peine toujours dans les exécutifs cantonaux et au Conseil des États, où sa représentation tombe à 15,6 et 13%. La forte progression du PLR dans les cantons et le recul de l'UDC, notamment en Suisse romande, reflètent-ils la tendance des élections fédérales d'octobre 2019? «C'est un peu tôt pour le dire, observe le politologue. Mais ces élections cantonales sont des sondages grandeur nature.»

Il faut cependant rester prudent: «J'y mets deux réserves, ajoute Pascal Sciarini. En 2019, il y a les élections cantonales à Zurich, à Lucerne et au Tessin, qui donnent généralement la tendance des élections fédérales d'une manière plus précise. Ensuite les élections fédérales ont une logique propre. Si l'UDC a perdu 3% depuis 2015 dans les cantons, cela ne veut pas dire qu'elle va les perdre au plan fédéral. S'il y a une crise migratoire ou une crise avec l'Europe, elle pourrait très bien remonter dans une campagne à court terme.»

Les élections cantonales ont montré aussi que c'est surtout le quatrième parti national, le PDC, qui a perdu des plumes depuis 2015 avec une perte de 27 sièges, tandis que le Parti socialiste restait stable. Le rendez-vous de 2019 se présenterait comme une redistribution des cartes à droite. Encore un peu plus à droite…

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