Bâle-Ville: Le policier pro-Erdogan n'était pas un espion

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Bâle-VilleLe policier pro-Erdogan n'était pas un espion

Le Ministère public du canton a classé la procédure ouverte contre un agent d'origine turque soupçonné d'avoir livré des données à Ankara.

Les soupçons d'espionnage contre un policier bâlois d'origine turque ne sont pas fondés. Le Ministère public de Bâle-Ville a classé la procédure pénale ouverte contre ce policier sympathisant du président turc Recep Tayyip Erdogan.

L'enquête a permis d'établir que le policier a bien consulté des fichiers d'opposants au président Erdogan. Mais aucun indice ne permet d'affirmer que le fonctionnaire a ensuite transmis à des tiers des données tombant sous le coup du secret de fonction ou qu'il s'est livré à des activités d'espionnage, a indiqué mardi le Ministère public bâlois.

Le policier est toutefois condamné par ordonnance pénale pour abus d'autorité. Il a interrogé 160 personnes sans qu'il y ait une relation avec ses activités normales dans la police.

Dix jours pour faire recours

L'ordonnance pénale n'est pas encore entrée en force. Le policier a dix jours pour faire recours. Si un recours est déposé, c'est le tribunal pénal qui devra juger l'affaire.

Le policier travaillait au service de la circulation et ne portait pas d'arme. Le Ministère public n'a pas pu établir pourquoi ce fonctionnaire a consulté dans la base de données de la police des fichiers qui ne concernaient pas ses activités. L'enquête n'a pas non plus permis de déterminer ce que le policier a fait des données consultées.

Le fonctionnaire a été repéré à la fin de l'été 2016 par les services de renseignements du canton et de la Confédération en raison de ses activités sur Internet comme sympathisant du président turc Erdogan. Il n'existait toutefois aucun élément permettant d'affirmer que le policier avait commis des actes délictueux.

Activités jugées critiques

Les services de renseignements ont malgré tout prévenu la police bâloise, car les activités de ce fonctionnaire étaient jugées critiques compte tenu de sa profession. La police bâloise a alors procédé à une analyse de la situation, mais elle a renoncé à d'autres enquêtes ou à des mesures concrètes contre le policier.

L'affaire a été relancée en avril dernier avec la parution d'articles de presse évoquant la transmission de données au régime turc. La police a alors procédé à une enquête interne. Le policier a accepté que ses supérieurs vérifient quels fichiers il avait consultés.

Arrêté et relâché

Le département cantonal de police a estimé que les données consultées dans les fichiers de la police n'avaient rien à voir avec les activités normales du policier. Ce dernier a été licencié et arrêté, puis relâché un jour plus tard.

Un rapport indépendant demandé par le chef du département de police Baschi Dürr souligne que la direction de la police n'a pas toujours bien réagi dans cette affaire. Elle a probablement sous-estimé la gravité des reproches formulés par les services de renseignements.

(ats)

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