Radar: Le policier zélé a encore frappé

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RadarLe policier zélé a encore frappé

Le mois dernier, la police de l'Ouest lausannois rappelait à ses agents que les contrôles de vitesse ne devaient plus être menés depuis un domaine privé. Sans succès…

par
Benjamin Pillard
Le même policier qui avait été remis à l'ordre suite au contrôle opéré depuis un chantier à Crissier (VD) a été aperçu mardi sur le chemin d'accès à un atelier de ferblanterie, rue du Midi, à Renens (VD).

Le même policier qui avait été remis à l'ordre suite au contrôle opéré depuis un chantier à Crissier (VD) a été aperçu mardi sur le chemin d'accès à un atelier de ferblanterie, rue du Midi, à Renens (VD).

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Renens (VD), rue du Midi. Depuis cinq ans, cette petite artère (200 m de long) proche de la place du Marché est devenue une zone limitée à 20 km/h. En cette même année 2011, la police de l'Ouest lausannois (PolOuest) faisait l'acquisition d'un pistolet radar TruCam, permettant d'effectuer des contrôles de vitesse en toute discrétion, à une distance de quelque 200 m. Pour autant que les agents respectent une série d'instructions.

«Il s'agit de se faire discrets»

En plus des réglages techniques réglementaires de l'appareil, les opérateurs ne devraient pas se positionner sur un domaine privé. C'est en tout cas ce que le commandant de PolOuest avait tenu à «rappeler» le mois dernier aux agents formés à l'utilisation du TruCam, à la suite d'un contrôle mené à l'insu de sa hiérarchie par un policier zélé, dissimulé derrière l'échafaudage d'un chantier fermé à Crissier («Le Matin» du 19 novembre).

Seulement voilà: mardi matin, le mêm opérateur a été repéré en pleine action derrière le portail d'accès d'un atelier de ferblanterie, rue du Midi, à Renens. De nouveau sur une parcelle privée. «Cinq minutes après que je l'ai publiée sur la page Facebook Inforoute Romandie, le policier s'était déplacé de l'autre côté de la rue, sur l'espace public», assure l'auteur du cliché. «Je l'ai souvent vu posté à cet endroit, il s'agit toujours du même agent.»

«Il faut bien que l'on se fasse un peu discrets pour interpeller les chauffards», réagit Christian Hautle, chef de division chez PolOuest. «Il est très difficile de se garer le long de la rue du Midi, compte tenu de la présence de nombreux aménagements visant une réduction de la vitesse des véhicules. Notre opérateur serait contraint de stationner au milieu de la chaussée s'il devait procéder aux contrôles sans être vu depuis son véhicule.» Pour le lieutenant, rien ne s'oppose à ce que ses deux hommes affectés à la surveillance TruCam œuvrent depuis un domaine privé, «pour autant que les vœux du propriétaire soient respectés». «S'il n'accepte pas, nous nous retirons immédiatement», poursuit Christian Hautle. «Beaucoup de gens nous accueillent très volontiers pour mener ces contrôles. Vérification faite auprès de mon collègue pour la rue du Midi, le locataire du local commercial en question n'y voit pas d'inconvénient.» Sauf que le responsable de la ferblanterie a confié au «Matin» avoir été mis devant le fait accompli… tout comme le propriétaire de la bâtisse, qui n'avait pas été approché. «Les policiers auraient meilleur temps de se positionner sur la parcelle de l'immeuble d'en face qui est squatté», lâche ce retraité de Renens.

Potentiel flou juridique

«Il faut que l'organisationnel procède à une remise à l'ordre, ce n'est pas admissible», réagit le président de l'association intercommunale de PolOuest, le socialiste Michel Farine. «Les agents ne peuvent pas adresser des amendes d'ordre dans ces conditions.» Ce n'est pas l'avis du lieutenant Hautle, qui évoque un flou juridique: «Il n'existe pas de jurisprudence sur la question, du moins à ma connaissance.»

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