23.06.2017 à 20:03

Affaire HildebrandLe politicien UDC demande l’acquittement

Le procès en appel de l'UDC Hermann Lei pour violation du secret bancaire dans l'affaire Hildebrand s'est déroulé devant le Tribunal cantonal de Zurich.

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Hermann Lei a vu sa peine sensiblement réduite par le Tribunal cantonal de Zurich dans l'affaire Hildebrand.(Mercredi 23 août 2017)

Hermann Lei a vu sa peine sensiblement réduite par le Tribunal cantonal de Zurich dans l'affaire Hildebrand.(Mercredi 23 août 2017)

Keystone
En première instance, Hermann Lei a été condamné à une peine pécuniaire avec sursis de 120 jours-amendes à 340 francs (40'800 francs). (vendredi 23 juin 2017)

En première instance, Hermann Lei a été condamné à une peine pécuniaire avec sursis de 120 jours-amendes à 340 francs (40'800 francs). (vendredi 23 juin 2017)

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Le politicien UDC thurgovien Hermann Lei a décidé de faire recours contre le jugement du tribunal de district de Zurich qui l'a reconnu coupable de complicité de violation du secret bancaire.(jeudi 19 mai 2016)

Le politicien UDC thurgovien Hermann Lei a décidé de faire recours contre le jugement du tribunal de district de Zurich qui l'a reconnu coupable de complicité de violation du secret bancaire.(jeudi 19 mai 2016)

Keystone

En première instance, Hermann Lei a été condamné à une peine pécuniaire avec sursis de 120 jours-amende à 340 francs (40'800 francs). Il a été reconnu coupable de complicité de violation du secret bancaire pour avoir transmis à Christoph Blocher des copies de relevés bancaires de Philipp Hildebrand, alors directeur de la Banque nationale suisse (BNS).

Hermann Lei avait reçu ces données bancaires d'un ami d'enfance, informaticien à la Banque Sarasin. Le contenu de ces documents, qui faisaient état de transactions suspectes, a finalement été révélé dans la Weltwoche. Le scandale qui a suivi avait coûté son poste à Philipp Hildebrand, qui a démissionné en janvier 2012.

«Documents très sensibles»

Il s'agissait de documents «très sensibles», a souligné le président du Tribunal cantonal vendredi pendant l'audience. Hermann Lei a expliqué aux juges qu'il s'était senti dans l'obligation d'agir en voyant les documents que lui avait fournis son ami d'enfance.

Le politicien UDC n'arrivait pas à croire que Philipp Hildebrand s'active à faire grossir son compte en banque avec des transactions privées sur des devises alors que l'économie suisse vivait une période difficile et que des dizaines de milliers d'emplois étaient en jeu.

«Je pensais qu'il fallait vérifier tout ça et que quelqu'un devait faire quelque chose», a-t-il dit. Il n'était pas acceptable selon lui que le directeur de la BNS achète à titre privé un demi-million de dollars deux jours avant l'annonce d'une décision - le taux de change plancher à 1,20 franc pour un euro - qui allait faire exploser les cours.

Pour la défense, il est clair que l'écho médiatique et politique donné à cette affaire démontre qu'il y avait un intérêt public à dévoiler ces documents. «Mais comme souvent, les Winkelried ne sont pas récompensés, ils payent le prix fort», a lancé l'avocat de M. Lei.

Pas d'incitation Hermann Lei n'a pas été complice de violation du secret bancaire, car il n'a jamais incité l'ex-informaticien à commettre un délit. Il s'est contenté d'arranger un rendez-vous entre ce dernier, qui a agi sous sa propre responsabilité, et Christoph Blocher, alors conseiller national, a argumenté son défenseur.

L'avocate de l'informaticien a contesté cette version. Son client est allé demander conseil à Hermann Lei, lequel, en tant qu'avocat, est soumis au secret professionnel. C'est le politicien qui a transmis les copies plus loin, contre l'avis de son ami d'enfance, a-t-elle ajouté, plaidant l'acquittement également.

Peines plus sévères requises Pour la procureure, il est évident que le politicien comme l'informaticien se sont rendus coupables d'un délit pénal. Elle a requis pour le premier une peine pécuniaire de 150 jours-amende et une amende de 1000 francs, pour le second une peine privative de liberté d'un an ou 360 jours-amende, avec sursis pendant deux ans dans les deux cas.

L'ex-informaticien a été condamné en première instance pour violation du secret bancaire. Il avait écopé d'une peine pécuniaire avec sursis de 45 jours-amende à 30 francs (1350 francs).

Il n'y a pas d'autre procédure dans cette affaire. Philipp Hildebrand a démissionné et le Ministère public n'a pas ouvert d'enquête contre lui. Les procédures pour violation du secret bancaire contre Christoph Blocher et d'autres politiciens ont été classées.

(ats)

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