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PortugalLe Portugal en deuil après la disparition d'Eusebio (REPORTAGE)

Par Levi FERNANDES LISBONNE, 05 jan 2014 (AFP) - Echarpes, messages, fleurs et drapeaux aux couleurs du Benfica recouvraient dimanche la statue en bronze d'Eusebio devant le stade de la Luz à Lisbonne où les supporteurs se succédaient pour rendre hommage à la légende du football portugais, décédée dimanche.

Après l'annonce de sa disparition, des dizaines de supporteurs se sont aussitôt rendus devant la statue à son effigie, qui immortalise le joueur au moment de frapper un ballon, dressée devant le stade du Benfica, le club mythique de l'ancien international portugais. "Eusebio est tout simplement le roi", affirme, la voix serrée par l'émotion, un jeune supporteur derrière ses lunettes de soleil et une écharpe rouge nouée autour du cou. "Il est très important pour moi. Je le considère comme un membre de ma famille", observe un peu plus loin Rui Silva qui porte un maillot d'Eusebio et se fait prendre en photo devant la statue de son idole avec son téléphone portable. "Je fréquente le stade depuis 45 ans. J'ai vu jouer Eusebio plusieurs fois. Il était incroyable. Il ne ratait jamais un pénalty et réussissait ses coups francs dans 99% des cas", rappelle de son côté un sexagénaire lisboète, admirateur inconditionnel de la "panthère noire". "Eusebio nous appartient", proclame un message posé à côté de chaussures de football à crampons rouges devant la statue du champion. La disparition d'Eusebio, décédé dimanche à l'âge de 71 ans d'un arrêt cardio-respiratoire, a provoqué une vive émotion au Portugal, où le gouvernement a décrété trois jours de deuil national. La dépouille d'Eusebio, qui devait être transportée au stade du Benfica en fin d'après-midi pour y être exposée dans une chapelle ardente, était attendue par des centaines de supporteurs. Les obsèques de l'ancienne gloire du football auront lieu lundi après-midi dans la banlieue nord de Lisbonne, près du stade de la Luz. Mais avant, conformément aux voeux d'Eusebio, son cercueil fera le tour du stade du Benfica. Dans l'après-midi, plusieurs admirateurs s'étaient également rendus au musée du Benfica qui retrace la carrière d'Eusebio da Silva Ferreira, surnommé "le Roi". Le joueur y est célébré comme le meilleur footballeur portugais de tous les temps. Affiches, maillots, coupures de journaux, photos et surtout les nombreux trophées remportés tout au long de sa carrière y figurent en bonne place, tel que le ballon d'Or 1965. Cette année là, il devient le premier joueur noir à obtenir cette distinction, attribuée par le magazine France Football au meilleur joueur européen. Sa puissance et son agilité écriront également une des pages d'histoire de l'équipe du Portugal, qui obtient la troisième place de la Coupe du monde de 1966. "Pour moi, il est tout simplement le fondateur du football", affirme Luis Marques, 24 ans, qui s'est rendu avec plusieurs amis au stade du Benfica pour voir passer le cercueil. Eusebio était devenu ces dernières années ambassadeur du club et de la Fédération portugaise de football ne ratant aucune grande occasion de la vie de la Seleçao. "Je ne l'ai jamais vu jouer, mais je me régale à revoir des images d'archives", affirme José Morais, un Angolais qui réside au Portugal depuis une vingtaine d'années, accompagné par ses deux filles de 4 et 6 ans. "Cristiano Ronaldo est encore loin derrière", affirme José Valente, un Capverdien de la banlieue de Lisbonne. lf/bh/bm

(AFP)

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