Lisbonne: Le Portugal fait ses adieux au «père de la démocratie»
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LisbonneLe Portugal fait ses adieux au «père de la démocratie»

Un cortège funéraire a traversé les rues de la capitale, lundi, en l'honneur de l'ancien président Mario Soares, décédé samedi.

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Isabel Soares, fille de l'ancien président portugais Mario Soares, embrasse le drapeau national destiné à draper le cercueil de son père, décédé samedi à l'âge de 92 ans. (10 janvier 2017)

Isabel Soares, fille de l'ancien président portugais Mario Soares, embrasse le drapeau national destiné à draper le cercueil de son père, décédé samedi à l'âge de 92 ans. (10 janvier 2017)

EPA, Keystone
Comme la veille, la foule s'est massée dans les rues de Lisbonne pour assister, et parfois applaudir, au passage du cortège funéraire. (10 janvier 2017)

Comme la veille, la foule s'est massée dans les rues de Lisbonne pour assister, et parfois applaudir, au passage du cortège funéraire. (10 janvier 2017)

AFP
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Des milliers de Portugais en deuil faisaient leurs adieux lundi à Mario Soares, considéré dans le pays comme le «père de la démocratie». Sa dépouille a traversé les principales artères de Lisbonne, avant d'être exposée au monastère des Hiéronymites.

«Soares est super!» scandaient des militants socialistes, dont certains étaient en pleurs, à l'arrivée du corps, reprenant le slogan de la campagne présidentielle qu'il avait menée en 1986. Les Lisboètes applaudissaient au passage du corbillard tiré par un attelage de chevaux blancs qui transportait le cercueil recouvert du drapeau national.

L'ancien président, décédé samedi à l'âge de 92 ans, sera inhumé mardi après-midi au cimetière de Prazeres dans l'ouest de la capitale, où repose déjà son épouse Maria Barroso, disparue en juillet 2015.

Sa dépouille est partie dans la matinée du domicile familial, devant lequel de nombreux anonymes avaient déposé des roses rouges, symbole du Parti socialiste qu'il a fondé en 1973. Escorté par une trentaine de motos de la gendarmerie nationale, le cortège funéraire s'était ensuite dirigé vers la mairie de Lisbonne.

Retour au cloître

Accueilli avec les honneurs militaires au monastère des Hiéronymites, le corps de l'ex-chef d'Etat y a été exposé dans une chapelle ardente pour donner aux Portugais la possibilité de se recueillir devant celui qui a profondément marqué l'histoire politique du pays.

Dans son cloître, Mario Soares, alors Premier ministre, avait paraphé le 12 juin 1985 le traité d'adhésion du Portugal à la Communauté économique européenne (CEE), ancêtre de l'Union européenne (UE).

«Vivre avec dignité»

«La vie est toujours courte. Il faut vivre avec dignité et laisser un souvenir sympathique de ce qu'on a fait. Les gens continuent ainsi à vivre dans le coeur de leurs amis», disait-il lorsqu'il était interrogé sur la mort.

«Mario Soares était un optimiste animé d'une grande joie», a témoigné le poète Manuel Alegre, dirigeant historique du PS et son ancien rival lors de la présidentielle de 2006.

Le gouvernement socialiste a décrété trois jours de deuil national à partir de lundi et appelé «tous les citoyens» à rendre hommage à cette «grande figure de l'histoire portugaise contemporaine».

Un rôle décisif

Son rôle aura été particulièrement décisif au lendemain de la Révolution des Oeillets de 1974, qui a mis fin à 48 ans de dictature. Mario Soares a fait barrage aux tentatives de militaires proches du Parti communiste de prendre le pouvoir.

«Mario Soares était un combattant infatigable pour la liberté qui a contribué à préparer le terrain à la Révolution», a relevé le colonel Vasco Lourenço, 74 ans, porte-parole des «capitaines d'avril» qui se sont soulevés lors du coup d'Etat militaire de 1974.

L'émotion suscitée par le décès de Mario Soares a transcendé les clivages politiques au Portugal. Le chef de l'opposition de centre droit, Pedro Passos Coelho, a ainsi exprimé dimanche son «profond respect pour le fondateur du Parti socialiste et son rôle dans l'avènement de la démocratie».

Hommages internationaux

Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, a exprimé son «émotion et respect après la mort de Mario Soares, géant de la politique portugaise et figure marquante de la gauche socialiste européenne».

«Ami de coeur, je suis en larmes», a twitté le philosophe français Edgar Morin, 95 ans: «Mario Soares a combattu la dictature de Salazar et empêché la dictature stalinienne au Portugal».

Le président du Cap-Vert Jorge Carlos Fonseca s'est dit, lui, «attristé de voir disparaître une grande figure de l'histoire du Portugal et de la démocratie européenne».

(ats)

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