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Drogues de synthèseLe Portugal interdit 159 substances

Le gouvernement portugais a décidé jeudi d'interdire 159 substances psychoactives entrant dans la composition de nouvelles drogues de synthèse, jusqu'ici en vente libre, et de fermer les établissements qui les commercialisent.

Le conseil des ministres a approuvé une loi qui «interdit tout type d'activité, continue ou isolée, de production, importation, exportation, publicité, distribution, détention ou vente des nouvelles substances psychoactives», selon un communiqué publié à l'issue de la réunion.

Le gouvernement, qui souhaite ainsi mettre un coup d'arrêt à une filière en pleine expansion au Portugal, a également «décidé de fermer les locaux utilisés à ces fins».

Les 159 nouvelles substances psychoactives prohibées viendront s'ajouter à une liste de drogues et composants déjà interdits au Portugal, a précisé le secrétaire d'Etat adjoint à la Santé, Fernando Leal da Costa, lors d'une conférence de presse.

60 nouvelles substances

Cette liste sera réactualisée «tous les 18 mois et dès que cela s'avèrera nécessaire pour des raisons urgentes de santé publique», a-t-il ajouté.

L'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) a répertorié en 2012 l'apparition en Europe de près de 60 nouvelles substances.

La nouvelle loi conduira à la fermeture des «smartshops» au Portugal, les établissements où sont vendus librement des drogues de synthèse imitant l'effet de drogues dites «classiques» telles que la cocaïne ou le cannabis.

Ces drogues sont commercialisées sous forme d'encens, sels de bains, pilules, herbes et fertilisants. Les drogues dites légales connaissent un succès grandissant auprès d'une frange de la jeunesse portugaise, en particulier des adolescents, même si ces substances sont en principe interdites aux mineurs.

A très bas prix

«Nous parlons de substances d'une dangerosité importante et beaucoup d'entre elles sont vendues à très bas prix à des mineurs, sans que l'on en connaisse entièrement les effets», a affirmé Fernando Leal da Costa.

Selon lui, la consommation de ces drogues a provoqué «45 cas d'intoxications graves», certaines avec des séquelles psychologiques «permanentes». Par ailleurs, six décès ont été signalés à la suite de l'usage de ces substances, même si les autorités judiciaires n'ont pas encore rendu des conclusions définitives sur leurs causes exactes.

(AFP)

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