Actualisé 21.02.2014 à 09:38

UkraineLe pouvoir et les opposants cherchent un accord

Un projet d'accord entre Kiev, l'opposition, l'UE et la Russie, est encore étudié et «on ne peut rien dire de définitif avant la fin de la matinée», a déclaré Fabius. Les violences ont fait 75 morts depuis mardi.

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L'opposante Ioulia Timochenko a déclaré dimanche qu'elle n'était pas intéressée par le poste de Premier ministre. (23 février 2014)

L'opposante Ioulia Timochenko a déclaré dimanche qu'elle n'était pas intéressée par le poste de Premier ministre. (23 février 2014)

Keystone
Le clan du président déchu Ianoukovitch (photo) est visé par deux mandats d'arrêts, un contre l'ex-ministre ukrainien des Revenus Oleksander Klimenko et un autre à l'encontre de l'ex-procureur général Viktor Pchonka. (23 février 2014)

Le clan du président déchu Ianoukovitch (photo) est visé par deux mandats d'arrêts, un contre l'ex-ministre ukrainien des Revenus Oleksander Klimenko et un autre à l'encontre de l'ex-procureur général Viktor Pchonka. (23 février 2014)

Keystone
Le président du Parlement Olexandre Tourtchinov devient président de l'Ukraine par intérim, en remplacement de Viktor Ianoukovitch, destitué samedi (23 février 2014).

Le président du Parlement Olexandre Tourtchinov devient président de l'Ukraine par intérim, en remplacement de Viktor Ianoukovitch, destitué samedi (23 février 2014).

Keystone

La présidence, qui indique que la signature est prévue à midi (11h en Suisse), ne fournit aucun détail sur le contenu de cet accord, qui n'a pas encore été confirmé dans l'entourage des trois ministres européens.

Un peu tôt, le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski a déclaré qu'«après des négociations toute la nuit, les discussions s'étaient achevées à 7h20». Une source diplomatique européenne évoquait des «négociations très difficiles» censées reprendre avant la mi-journée.

«Les négociations sont très difficiles et ont duré toute la nuit», a dit cette source à Kiev. «Il y a une pause mais les participants se retrouveront de nouveau avant la mi-journée.»

Les ministres des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, polonais, Radoslaw Sikorski, et allemand, Frank-Walter Steinmeier, qui étaient jeudi à Kiev, ont prolongé leur séjour pour mener ces négociations nocturnes. Ils tentent de trouver une issue à la crise et aux violences, qui ont fait 75 morts ces deux derniers jours, dont 47 pour la seule journée de jeudi.

Semaine sanglante

Les deux diplomates et leur homologue allemand Frank-Walter Steinmeier ont passé une grande partie de la journée en consultations avec le président Ianoukovitch et avec les leaders de l'opposition ukrainienne, au moment même où une nouvelle vague de violence s'abattait sur le pays.

>> Le déroulement, heure par heure, de cette journée sanglante

«Plus de 60 manifestants ont été tués (jeudi). Tous l'ont été par balle», a déclaré à l'AFP le responsable des services médicaux de l'opposition, Sviatoslav Khanenko. Des journalistes de l'AFP ont vu 25 corps au cours de la seule journée de jeudi.

Le bilan s'élève à 75 morts depuis mardi, a annoncé jeudi soir le ministère de la Santé, revoyant en hausse un précédent décompte de 67 victimes. Le ministère de l'Intérieur avait précédemment fait état de 3 policiers tués jeudi, qui s'ajoutent aux 10 hommes tués les deux jours précédents. A Lviv (ouest), les corps de deux policiers antiémeute ont été retrouvés jeudi dans une caserne brûlée, ont annoncé les autorités locales.

Armés de bâtons, boulons, pavés, mais aussi de cocktails Molotov, des centaines de manifestants radicaux, le plus souvent casqués et équipés de boucliers ont affronté les forces antiémeute Berkout, qui ont répliqué avec des balles en caoutchouc, grenades lacrymogène mais aussi à la kalachnikov, selon des témoignages.

Des images tournées par un média ukrainien ont montré des hommes, apparemment membres des forces de sécurité, dont l'un d'eux ouvre le feu avec un fusil d'assaut Kalachnikov sur une cible non identifiée, dans le centre de Kiev.

Tués par des snipers

«Les manifestants ont été tués de manière très professionnelle par des snipers qui ont visé au coeur, au cerveau ou à la carotide», a affirmé un médecin, Olga Bogomolets, interrogée sur la chaîne privée Kanal 5.

En fin d'après-midi, les affrontements avaient cessé, et des manifestants pouvaient être vus renforçant les barricades du centre-ville, charriant de la nourriture, des planches, des pneus et des bouteilles vides destinées à être transformées en cocktails molotov.

Sur l'emblématique place Maïdan, rendue méconnaissable par les barricades, installations et tentes des manifestants, les chants et discours se poursuivaient sans trêve, tard dans la nuit.«Le pire scénario que l'on craignait, c'est à dire le scénario d'une guerre civile, est malheureusement très réel», a déploré le premier ministre polonais Donald Tusk. «Il a été convenu avec Ianoukovitch qu'il est prêt à tenir des élections présidentielles et parlementaires, prêt à créer un gouvernement d'unité nationale dans les dix prochains jours et à changer la constitution d'ici l'été», a-t-il ajouté sans dissimuler son scepticisme. «Nos expériences nous disent que les engagements entrepris par l'administration ukrainienne sont rarement tenus», a-t-il souligné.

Les ministres européens des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles, avaient décidé de priver de visas et de geler les avoirs de responsables ukrainiens. Des discussions se sont également tenues entre la chancelière allemande Angela Merkel, le président américain Barack Obama et le président russe Vladimir Poutine. Tous trois sont «d'accord pour dire qu'il (faut) trouver une solution politique à la crise en Ukraine le plus rapidement possible et que le bain de sang devait cesser», a indiqué le gouvernement allemand.

Les événements en direct vidéo de Kiev, suivis par la chaîne Espresso TV:

Standard & Poor's abaisse la note du pays

L'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a abaissé vendredi la note de l'Ukraine après les violences des derniers jours, qui risquent de remettre en cause l'aide financière russe et la solvabilité du pays. La note du pays passe à «CCC», ce qui correspond à un pays proche du défaut de paiement, et est assortie d'une perspective négative, ce qui signifie que l'agence envisage un nouvel abaissement.

(ats/afp)

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