Venezuela: Le pouvoir prend le contrôle d'une usine
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VenezuelaLe pouvoir prend le contrôle d'une usine

Le gouvernement vénézuélien a ordonné lundi l'occupation d'une usine de papier hygiénique qui avait cessé sa production.

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Le gouvernement du président Nicolas Maduro a ordonné lundi 11 juillet l'occupation de l'usine de l'entreprise américaine Kimberly-Clark au Venezuela, qui avait cessé sa production d'articles d'hygiène en raison de la détérioration des conditions économiques locales.

Cette mesure d'occupation a été annoncée publiquement par le ministre du Travail Oswaldo Vera à l'usine Kimberly-Clark de Maracay, ville située à une centaine de kilomètres à l'ouest de Caracas. Le ministre a assuré que le gouvernement répondait ainsi à une demande présentée par les employés de l'usine.

«Nous décrétons l'occupation immédiate de l'entreprise Kimberly-Clark Venezuela par les travailleurs», a déclaré Oswaldo Vera, qui a signé un document à cet effet sous les vivats du personnel.

Redémarrage des machines

Le ministre a ordonné le redémarrage des machines. «A partir d'aujourd'hui, Kimberly-Clark rouvre ses portes et reprend sa production», a-t-il annoncé.

La prise de contrôle de cette usine est un début d'application de la menace lancée il y a deux mois par le président Maduro aux entreprises qui voudraient cesser leurs activités en raison de la crise. «Usine fermée, usine prise par les travailleurs», tel était le slogan qu'il avait alors lancé.

Selon le président vénézuélien, les difficultés économiques actuelles font partie d'un plan de ses adversaires pour déstabiliser son pouvoir.

Avertissement

Le ministre du Travail a réitéré lundi l'avertissement de Nicolas Maduro aux entreprises qui voudraient fermer en raison de la crise économique et politique que connaît le Venezuela.

«Bienvenue au secteur des affaires qui veut accompagner le gouvernement, mais une entreprise qui sera fermée sera une entreprise qui sera occupée et ouverte par les travailleurs et le gouvernement révolutionnaire», a déclaré Oswaldo Vera.

Le Venezuela connaît une grave crise économique depuis la chute des cours du pétrole, dont il tire l'essentiel de ses revenus. Près de 80 % des produits de première nécessité sont désormais quasi-introuvables, selon des organismes privés.

Crise politique

Le pays est en outre plongé dans une profonde crise politique. L'opposition, majoritaire au Parlement depuis les dernières élections législatives, réclame la tenue d'un référendum pour révoquer le président Maduro.

Nicolas Maduro est l'héritier et le successeur de Hugo Chavez, qui fut président du Venezuela de 1999 à son décès en 2013 et leader de la gauche radicale latino-américaine.

Kimberly-Clark a annoncé samedi qu'elle cessait ses activités au Venezuela en raison d'un «manque de devises» pour acheter les matières premières. Elle a aussi souligné «l'augmentation rapide de l'inflation», qui a été de 180,9% en 2015 et que le Fonds monétaire international (FMI) évalue pour 2016 à 720%.

Industrie paralysée

Selon Fedecamaras, le principal organisme patronal du Venezuela, plus de 85% de l'industrie vénézuélienne était paralysé en mai dernier par manque de matières premières.

Kimberly-Clark, installée au Venezuela depuis plus de 20 ans, a déclaré que les conditions actuelles rendaient «impossible» le fonctionnement de son usine de Maracay.

L'entreprise, qui fabrique entre autres du papier hygiénique et des couches, a ajouté que «si les conditions changeaient», elle étudierait «la viabilité» d'une reprise de ses activités au Venezuela.

D'autres firmes ont suspendu leur production

Lundi, l'entreprise a réagi dans un communiqué à l'occupation de son usine. «Si le gouvernement vénézuélien prend le contrôle de Kimberly-Clark et de son activité, il sera responsable» du personnel et des installations, a-t-elle déclaré.

Plusieurs autres firmes internationales installées au Venezuela ont elles aussi suspendu leurs activités ces derniers temps, brièvement ou pour une durée indéfinie.

Coca Cola a suspendu en mai une grande partie de sa production locale par manque de sucre. Les groupes américains Kraft Heinz et Clorox ont également arrêté leurs activités.

(AFP)

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