Pays-Bas: Le Premier ministre perd sa majorité au Sénat
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Pays-BasLe Premier ministre perd sa majorité au Sénat

La coalition de Mark Rutte a perdu mercredi sa majorité au Sénat. Ce scrutin est marqué par une forte poussée des populistes euro-sceptiques.

Mark Rutte au bureau de vote. (20 mars 2019)

Mark Rutte au bureau de vote. (20 mars 2019)

AFP

La coalition gouvernementale du premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a perdu mercredi sa majorité au Sénat à l'issue d'élections provinciales. Les populistes eurosceptiques ont en revanche réalisé une forte poussée, deux jours après une attaque potentiellement terroriste à Utrecht.

La coalition de M. Rutte devra désormais s'appuyer sur d'autres partis pour faire passer ses lois, tandis que le Forum voor Democratie (FvD), la formation de droite du populiste Thierry Baudet, a fait une entrée fracassante à la chambre haute en en devenant le deuxième parti, selon les sondages sortie des urnes de la télévision publique NOS.

Les résultats de ce scrutin étaient suivis avec attention au-delà des frontières à l'approche des élections européennes de mai, qui pourraient également voir une forte poussée des partis populistes.

M. Baudet est connu pour ses propos controversés, notamment sur l'immigration ou l'égalité entre hommes et femmes. Il a notamment jugé que «les femmes en général excellent moins professionnellement et sont moins ambitieuses».

Gain de dix sièges

Présent dans la chambre basse, mais parti de zéro au Sénat, le FvD est sorti grand vainqueur des élections mercredi en remportant 10 sièges dans la chambre haute. Le jeune parti arrive juste derrière le VVD de M. Rutte (12), qui perd un siège, selon les sondages effectués à la sortie des urnes.

GroenLinks, parti écologiste de gauche, mené par Jesse Klaver, a également fait de bonnes affaires en passant de 4 à 8 sièges. Le parti pour la liberté (PVV) anti-islam, dirigé par le député d'extrême droite Geert Wilders, essuie en revanche un revers en passant de 9 à 6 sièges.

Les membres du Sénat seront officiellement nommés en mai par les 570 représentants élus lors de l'élection de mercredi dans les 12 provinces du royaume.

Les élections provinciales ont pris des allures de référendum sur la politique de Mark Rutte, dont la fin de la campagne électorale a été marquée par une fusillade sanglante à Utrecht. Possible attaque terroriste, l'attaque dans un tramway d'Utrecht, qui a fait trois morts, a encouragé des partis de droite à propulser le sujet de l'immigration au premier plan des derniers débats. Un suspect né en Turquie a été arrêté et la piste terroriste est étudiée «sérieusement».

Référendum sur Rutte

Après la fusillade d'Utrecht, tous les partis politiques avaient interrompu leur campagne lundi, à l'exception du FvD de Thierry Baudet, suscitant de vives critiques de la part des autres formations.

Lors de sa réunion électorale, le jeune et télégénique Thierry Baudet n'a pas hésité à accuser le gouvernement de M. Rutte de mener une politique d'immigration «naïve». Il a déclaré qu'un «changement de cap s'imposait, sinon cela se produira plus souvent aux Pays-Bas», en référence à l'attaque d'Utrecht.

Le refus de M. Baudet d'interrompre sa campagne a suscité la réprobation de plusieurs députés et a été qualifié de «dégoûtant» par Rob Jetten, chef du parti progressiste de gauche D66, membre de la coalition gouvernementale.

M. Baudet a justifié son choix de poursuivre ses réunions électorales, en estimant que «nombre de réactions [à la fusillade, ndlr] semblaient un peu superficielles et pas sincères». Aux yeux du parti socialiste (SP), ces élections étaient clairement un «référendum sur M. Rutte», même si ce dernier avait déjà déclaré qu'il ne se retirerait pas en cas de perte de la majorité gouvernementale. Mark Rutte est au pouvoir depuis huit ans. Un avenir lui est prédit à Bruxelles, après avoir joué un rôle-clé dans les négociations sur le Brexit entre l'Union européenne et Londres.

(AFP)

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