Démocratisation: Le président birman gracie des prisonniers politiques
Publié

DémocratisationLe président birman gracie des prisonniers politiques

Cette décision confirme la volonté du nouveau pouvoir de tourner la page après des décennies de domination militaire.

Le président birman Htin Kyaw.

Le président birman Htin Kyaw.

ARCHIVES, AFP

Le président birman Htin Kyaw a gracié dimanche au moins 63 prisonniers politiques à l'occasion du Nouvel An, selon une association d'aide aux détenus, confirmant la volonté du nouveau pouvoir de tourner la page après des décennies de domination militaire.

Htin Kyaw, un proche d'Aung San Suu Kyi, est devenu fin mars le premier chef d'Etat civil de la Birmanie après près d'un demi siècle de domination militaire. Il est considéré comme la doublure de la prix Nobel de la paix, empêchée de devenir présidente en raison d'une Constitution héritée de la junte.

«D'après nos documents, 63 prisonniers politiques sont libérés de diverses prisons aux termes de la grâce présidentielle», a déclaré l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

«Réconciliation nationale»

Dans un communiqué publié sur Facebook, la présidence avait annoncé auparavant la libération de 83 détenus, sans préciser s'il s'agissait de prisonniers politiques.

Cette mesure a pour objectif que «les gens se sentent en paix, heureux» et de promouvoir «la réconciliation nationale», selon le communiqué présidentiel.

La Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti d'Aung San Suu Kyi, compte dans ses rangs de nombreux militants qui ont passé du temps en prison pour des raisons politiques.

Aung San Suu Kyi, qui a elle-même passé près de 15 ans en résidence surveillée sous le règne de la junte, a promis de faire de la libération des dizaines de détenus politiques une priorité pour son gouvernement.

L'habitude des militaires d'emprisonner les dissidents est l'une des raisons pour laquelle le combat de la NLD avait obtenu le soutien croissant des Birmans. Le gouvernement semi civil qui a succédé à la junte en 2011 a mené des réformes économiques et politiques mais emprisonné des dizaines de militants.

Poursuites abandonnés Depuis l'arrivée au pouvoir de la NLD, les autorités ont abandonné les poursuites engagées contre près de 200 activistes politiques, selon la police, dont des dizaines d'étudiants qui ont passé plus d'un an en détention en raison d'une manifestation contre une réforme de l'éducation.

Parmi les personnes graciées dimanche, figurent cinq journalistes condamnés à dix ans de prison en 2014 pour un article accusant l'armée de produire des armes chimiques, ce qu'avaient démenti les autorités.

Les peines, dénoncées par les défenseurs des droits de l'Homme, avaient ensuite été réduites à sept ans.

Dans un discours de Nouvel an diffusé par la télévision, Htin Kyaw a souligné que son gouvernement était déterminé à libérer les prisonniers politiques.

«Nous tentons de libérer les prisonniers politiques, les militants politiques et les étudiants qui attendent leur jugement pour des raisons politiques», a-t-il dit.

Htin Kyaw n'était guère connu en dehors de la Birmanie avant de prendre la présidence mais est un ami et proche collaborateur de longue date de Mme Suu Kyi.

La Dame de Rangoun est à la tête d'un super ministère (comprenant notamment les Affaires étrangères et l'Education) au sein du gouvernement et occupe également la fonction de conseillère d'Etat spéciale.

Les célébrations bouddhistes du Nouvel An durent près de quinze jours et sont connues sous le nom de Thingyan. La plupart des bureaux sont fermés tandis que les gens s'aspergent d'eau dans les rues pour se laver des péchés de l'année écoulée.

(AFP)

Votre opinion