Visite pontificale: Le président bolivien remercie «son frère, le pape»

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Visite pontificaleLe président bolivien remercie «son frère, le pape»

Le pape François a entamé mercredi une visite en Bolivie, nation la plus pauvre d'Amérique du Sud.

Hier, le pape était en Bolivie, dans la continuité de sa tournée actuelle en Amérique latine.

Hier, le pape était en Bolivie, dans la continuité de sa tournée actuelle en Amérique latine.

AFP

Il a réitéré son message d'intégration et de justice sociale dans lequel dit se reconnaître le président du pays Evo Morales, chantre de la gauche radicale du continent.

Le souverain pontife est arrivé depuis Quito vers 17h15 locales (23h15 en Suisse) à l'aéroport de La Paz - El Alto, à plus de 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les autorités boliviennes, soucieuses de son bien-être, avaient disposé des bouteilles d'oxygène à son intention.

Le pape, qui a souffert à 20 ans d'une grave pneumonie entraînant l'ablation partielle d'un poumon, a disposé également de feuilles de coca à mâcher, dans la plus pure tradition andine. Ce qui devait l'aider à lutter contre l'altitude et la fatigue du voyage.

Après une cérémonie de bienvenue animée par des chœurs chantant en aymara et la ferveur de milliers de fidèles dont certains avaient passé une nuit glaciale sur place, le pape a salué «les pas importants» accomplis par le gouvernement d'Evo Morales «pour inclure d'amples secteurs dans la vie économique, sociale et politique du pays».

«Mon frère, le pape»

«Je suis heureux de me trouver dans ce pays d'une beauté singulière», a confessé le pape argentin de 78 ans, qui a visité le pays andin au moins à deux reprises dans sa jeunesse.

«C'est une terre bénie de par ses gens, avec sa réalité culturelle et ethnique bigarrée, qui constitue une grande richesse et un appel permanent au respect mutuel et au dialogue», a-t-il ajouté. Il a appelé à une participation de tous, «sans exclure ni rejeter personne», thème central de sa tournée pastorale qui se conclura au Paraguay.

Le souverain pontife a également évoqué le problème de l'immigration et mis en exergue l'importance de la famille, «cellule fondamentale de la société».

Pour sa part, le président Morales a remercié son «frère, le pape», «le pape des pauvres», de «nous rendre visite chez nous, avec un message d'espérance et de libération».

Sur la route descendant de El Alto à La Paz, à 3600 mètres d'altitude, le pape a fait une brève halte pour rendre hommage au jésuite espagnol engagé, le père Luis Espinal, assassiné en 1980 par des paramilitaires. Demandant une minute de silence, le pape a prié en «souvenir de notre frère, victime de ceux qui ne voulaient pas que l'on lutte pour la liberté de la Bolivie».

Des organisations boliviennes des droits de l'Homme ont demandé la béatification, du père jésuite à l'instar de l'archevêque salvadorien Oscar Romero, défenseur des pauvres assassiné à la même époque et béatifié en mai.

Entre Bolivie et Chili

Le pape s'est ensuite rendu au Palais présidentiel, dans le centre colonial de La Paz, pour une rencontre formelle avec les membres du gouvernement avant de se rendre à la cathédrale, sur la même place Murillo, afin de s'entretenir avec la société civile.

Là, le pape a plaidé en faveur de solutions «raisonnables et justes» des conflits «entre peuples frères», une claire allusion au différend centenaire opposant la Bolivie et le Chili, évoqué également par le président Morales. La Bolivie tente de récupérer l'accès à la mer perdu pendant la guerre du Pacifique (1879-1883).

Le pape a aussi critiqué le fait que la politique puisse se laisser dominer par «la spéculation financière» et que l'économie puisse être régie par un impératif de «production maximale», ce qui empêche de «résoudre les grands problèmes qui affectent l'humanité».

En raison de l'intimidante altitude, le pape passera seulement trois heures à La Paz avant de s'envoler pour Santa Cruz (est), capitale économique et ville la plus peuplée du pays - à seulement 400 mètres d'altitude - où il arrivera dans la soirée.

Pape et prisonniers

C'est à Santa Cruz que se déroulera jeudi la seule messe de la visite papale en Bolivie, au pied de la gigantesque statue de bronze du Cristo Redentor, un des monuments les plus importants de la ville. On y attend plus d'un million de personnes.

La journée a été déclarée fériée, tandis que la vente d'alcool et les spectacles musicaux seront interdits durant tout le séjour du pape dans le pays, encadré d'un dispositif de sécurité de 17'000 policiers et militaires.

Avant de s'envoler pour le Paraguay vendredi, dernière étape de sa tournée sud-américaine, le pape se rendra dans la prison de haute sécurité Palmasola, près de Santa Cruz. Trente-cinq prisonniers y avaient trouvé la mort en 2013, la plupart par asphyxie après une violente rixe entre détenus.

La dernière visite papale en Bolivie remonte à 1988, lorsque Jean-Paul II y avait passé six jours.

(ats)

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