Amérique du Sud: Le président d’Equateur pense que les indigènes veulent le «chasser»
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Amérique du SudLe président d’Équateur pense que les indigènes veulent le «chasser»

Le mouvement indigène a lancé, depuis une semaine en Équateur, un mouvement de manifestations contre le gouvernement du président Guillermo Lasso.

Soixante-trois policiers ont été blessés depuis le début des manifestations, selon un bilan officiel.

Soixante-trois policiers ont été blessés depuis le début des manifestations, selon un bilan officiel.

AFP

Le président d’Équateur, Guillermo Lasso a estimé lundi que le mouvement indigène, qui mène depuis une semaine des manifestations antigouvernementales, veut le «chasser» du pouvoir.

«Nous avons tendu la main, nous avons appelé au dialogue, mais ils ne veulent pas la paix, ils cherchent le chaos, ils veulent chasser le président», a affirmé Guillermo Lasso dans une vidéo publiée sur son compte Twitter.

La Confédération des nationalités indigènes (Conaie), qui a participé aux révoltes qui ont renversé trois présidents entre 1997 et 2005, organise depuis une semaine des marches et barricades dans plusieurs villes du pays et autour de la capitale Quito, pour exiger une baisse des prix du carburant.

«Je ne vais pas partir»

«Je suis ici, je ne vais pas partir, je suis ici pour protéger chacune de vos familles, surtout les plus pauvres», a ajouté Guillermo Lasso, conservateur et ancien banquier élu il y a un an. Selon une source présidentielle, le chef de l’État est installé au siège de l’exécutif à Quito, le palais Carondelet, où il vit avec sa famille.

La Conaie était également le fer de lance de manifestations antigouvernementales pendant près de deux semaines en octobre 2019, qui ont fait 11 morts et plus de 1000 blessés. Le Parlement avait alors été occupé et de nombreux édifices publics détruits ou endommagés, tandis que le président de l’époque, Lenin Moreno, avait dénoncé une tentative de coup d’État.

La vidéo diffusée lundi par Guillermo Lasso montre des images de manifestants se livrant à des violences dans la rue. «La démocratie ou le chaos, voilà la grande bataille», selon le président équatorien, qui assure une nouvelle fois qu’il «ne permettra pas que le chaos soit imposé». Soixante-trois policiers ont été blessés depuis le début des manifestations, selon un bilan officiel, tandis qu’une organisation locale de défense des droits humains a fait état de 79 arrestations pour 55 civils blessés.

«Défendre Quito»

Le prix d’un gallon de diesel a augmenté de 90% (à 1,90 dollar) et celui de l’essence de 46% (à 2,55 dollars) en presque un an. Les prix sont gelés depuis octobre dernier, mais la Conaie demande une baisse respectivement à 1,50 et 2,10 dollars. Avant toute négociation, les indigènes exigent que Guillermo Lasso réponde à une dizaine de demandes, dont l’interdiction des concessions minières sur leurs territoires.

Dans un autre tweet, Guillermo Lasso a assuré avoir répondu à ces exigences. «Leur réponse? De nouvelles menaces d’attaquer Quito. Je suis ici pour défendre Quito», a-t-il lancé, se disant cependant «toujours ouvert au dialogue».

Des centaines d’indigènes sont concentrés autour de l’une des deux entrées sud de la capitale, dans la localité de Cutuglagua, en vue d’une marche vers le centre-ville, a constaté lundi l’AFP. Des camions y bloquent la route, ainsi que des barricades de pneus, où la foule scande des slogans tels que «Dehors Lasso, dehors!»

(AFP)

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