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TerrorismeLe président du Yémen s'élève contre les extrémismes

Au lendemain d'attentats qui ont fait 142 morts à Sanaa, le président Abd Rabbo Mansour Hadi a promis de combattre l'influence de l'Iran au Yémen.

Abd Rabbo Mansour Hadi a promis de combattre les extrémismes.

Abd Rabbo Mansour Hadi a promis de combattre les extrémismes.

Keystone

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi a promis ce samedi 21 mars de combattre l'influence de l'Iran chiite au Yémen, au lendemain d'attentats du groupe sunnite Etat islamique (EI) ayant fait 142 tués à Sanaa. Il s'est élevé contre «l'extrémisme chiite» ainsi que «l'extrémisme sunnite», alors que les Etats-Unis ont eux évacué une de leurs bases dans ce pays.

Le Yémen est au bord de la guerre civile avec une grave crise politique et un territoire morcelé. Des violences impliquent plusieurs groupes militaro-religieux dont la milice chiite des Houthis et le réseau sunnite Al-Qaïda implanté dans le sud-est du pays.

Dans son premier discours télévisé depuis sa fuite le mois dernier à Aden (sud), le président Hadi a promis de tout faire pour que «le drapeau de la République du Yémen flotte sur les montagnes de Maran (bastion des Houthis) à Saada (nord), et non pas le drapeau iranien». Abd Rabbo Mansour Hadi accuse Téhéran de soutenir les Houthis.

Abd Rabbo Mansour Hadi s'en est également pris aux groupes armés sunnites, dans une lettre adressée dans la nuit aux familles des victimes des attentats contre deux mosquées de Sanaa. Il a évoqué des «attaques haineuses» et «lâches» pour enfoncer le Yémen dans «la violence et les luttes intestines».

351 blessés

Quatre kamikazes ont détoné leurs explosifs lors de la grande prière du vendredi dans deux mosquées fréquentées par des fidèles chiites dont les Houthis, faisant 142 tués et 351 blessés.

«L'extrémisme chiite, représenté par les Houthis, et l'extrémisme sunnite, représenté par Al-Qaïda, sont les deux faces d'une même pièce qui ne souhaitent ni le bien ni la stabilité du Yémen», a encore dit Abd Rabbo Mansour Hadi, dont l'autorité est contestée par ces deux groupes et leurs alliés au Yémen.

Al-Qaïda, qui se bat contre les pro-Hadi et les Houthis, a affirmé vendredi qu'elle ne visait pas les mosquées dans ses opérations.

L'EI a revendiqué les attaques, ses premières au Yémen. Ce groupe extrémiste sunnite s'est emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak et a revendiqué des attaques en Libye et en Tunisie où 20 touristes et un Tunisien ont péri mercredi.

Manifestation

Dans une première réaction aux attentats de Sanaa, le porte-parole des Houthis, Mohammed Abdelsalam, a dénoncé samedi une «guerre claire contre le peuple et sa révolution populaire», le terme utilisé par la milice pour désigner la prise de Sanaa.

Son mouvement est soutenu par l'ex-président Ali Abdallah Saleh auquel des officiers et soldats de l'armée sont restés fidèles.

Des sources militaires ont indiqué que 1200 membres des forces spéciales pro-Saleh étaient arrivés dans une vingtaine de véhicules blindés dans une base militaire à Taëz, ville sur le chemin d'Aden, distante de seulement 180 km.

Des centaines de personnes ont manifesté devant la base pour demander le retour des forces à Sanaa.

Evacuation pour des soldats américains

L'ONU a condamné ces attentats, tout comme Washington qui cherche toutefois à vérifier l'implication de l'EI. L'Iran, soupçonné de soutenir les Houthis, les a aussi condamnés affirmant être prêt «à accueillir les blessés».

Les Etats-Unis ont évacué samedi la centaine de soldats des forces spéciales encore stationnés au Yémen, ont indiqué samedi plusieurs sources.

Ces soldats, qui menaient des opérations d'antiterrorisme contre Al-Qaïda et les organisations qui lui sont affiliées, étaient les dernières troupes américaines encore présentes sur le territoire yéménite.

(ats)

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