Colombie: Le président Duque promet une transition «transparente»
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ColombieLe président Duque promet une transition «transparente»

Le président colombien Iván Duque a assuré à son successeur Gustavo Petro, élu dimanche, une transition «transparente et efficace».

Le nouveau président Gustavo Petro après sa victoire, à Bogotá, le 19 juin 2022.

Le nouveau président Gustavo Petro après sa victoire, à Bogotá, le 19 juin 2022.

AFP

Le président conservateur sortant de Colombie, Iván Duque, a promis lundi une transition «transparente et efficace» avec son successeur de gauche Gustavo Petro, vainqueur la veille du second tour de la présidentielle.

«Hier, nous, Colombiens, avons exprimé nos opinions et la première chose qu’il faut reconnaître pour défendre la démocratie, c’est l’expression du peuple. Au nouveau président, j’ai exprimé mon soutien à une transition transparente et efficace», a déclaré Iván Duque sur Twitter.

Gustavo Petro, 62 ans, a été élu dimanche premier président de gauche de l’histoire de la Colombie, avec 50,44% des voix. Son adversaire, l’homme d’affaires Rodolfo Hernandez, a immédiatement reconnu sa défaite, ouvrant la voie à une alternance pacifiée dans ce pays gouverné depuis plus de 200 ans par les mêmes élites conservatrices et libérales.

«Vrai changement»

Au soir de son élection, Gustavo Petro a promis un «vrai changement» pour son pays, basé sur «la paix, la justice sociale et la justice environnementale» qui laisse «la haine et le sectarisme derrière nous». Le camp de Gustavo Petro a célébré la victoire dans une grande salle de spectacle de Bogotá. Des milliers de ses partisans se sont également rassemblés, sous la pluie et sans incident, sur une grande place du centre historique.

L’annonce de l’accession de Francia Marquez, la colistière de Gustavo Petro, à la vice-présidence, première Afrodescendante à occuper cette fonction, a été accueillie dans la liesse dans sa localité d’origine de Suarez, dans le département du Cauca (sud-ouest), a constaté l’AFP. De façon plus générale, elle a été saluée dans toutes les parties du pays où vivent des populations d’origine africaine (près de 10% de la population).

«Nous allons créer le ministère de l’Égalité», a annoncé lundi après-midi Francia Marquez sur Twitter. «L’objectif est de créer des conditions égales pour les femmes, nous sommes 52% et nous avons eu beaucoup de difficultés» a-t-elle expliqué.

«Je viens d’un peuple et d’une région historiquement oubliés. Ma tâche est de garantir des droits à ces territoires exclus et marginalisés, de garantir des droits aux populations afro-descendantes et indigènes», a ajouté Francia Marquez.

«Changement historique»

Lundi, toute la presse colombienne titrait, à l’image du quotidien «El Espectador», sur ce «changement historique», insistant sur les nombreux «défis» qui attendent le nouveau président, principalement de réunifier autour d’un «grand accord national» un pays profondément divisé.

Mise en déroute au premier tour et en plein marasme, la droite traditionnelle, par la voix de sa figure tutélaire l’ex-président Alvaro Uribe (2001-2010), a elle aussi acté la victoire de Gustavo Petro, laissant entendre qu’elle jouerait tout son rôle d’opposition. «Pour défendre la démocratie, il est nécessaire de la respecter. Gustavo Petro en est le président. Un seul sentiment doit nous guider: la Colombie d’abord», a tweeté Alvaro Uribe.

«Une étape difficile de la vie nationale est sur le point de commencer et nous devons nous préparer à l’affronter avec la ténacité nécessaire pour défendre nos principes et nos valeurs», a également commenté la sénatrice Maria Fernanda Cabal, autre figure du camp de droite. Gustavo Petro prendra officiellement ses fonctions le 7 août.

L’un de ses proches, le sénateur Roy Barreras, a déclaré que la coalition présidentielle du «Pacte historique» allait s’atteler à la «construction de majorités parlementaires qui permettront de mener les réformes en profondeur». Le prochain gouvernement enverra bientôt des «signaux clairs» de son sérieux et de sa responsabilité, a ajouté Roy Barreras, faisant référence au futur cabinet ministériel.

(AFP)

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