30.03.2019 à 04:23

HaïtiLe président haïtien à nouveau contesté

Pour la première fois depuis mi-février, une nouvelle manifestation contre le président haïtien a eu lieu.

1 / 73
Axes routiers bloqués, rues désertes, activité commerciale au point mort... La capitale d'Haïti, Port-au-Prince, était paralysée lundi au lendemain de violences entre policiers mécontents et militaires. (Lundi 24 février 2020)

Axes routiers bloqués, rues désertes, activité commerciale au point mort... La capitale d'Haïti, Port-au-Prince, était paralysée lundi au lendemain de violences entre policiers mécontents et militaires. (Lundi 24 février 2020)

AFP
Des policiers en colère ont attaqué le QG de l'armée haïtienne à Port-au-Prince dimanche. Ces violences ont fait des morts et des blessés. (23 février 2020)

Des policiers en colère ont attaqué le QG de l'armée haïtienne à Port-au-Prince dimanche. Ces violences ont fait des morts et des blessés. (23 février 2020)

AFP
Le mandat de la totalité des députés haïtiens est arrivé à terme lundi, ce qui confère au président la possibilité de gouverner par décret. (13 janvier 2019)

Le mandat de la totalité des députés haïtiens est arrivé à terme lundi, ce qui confère au président la possibilité de gouverner par décret. (13 janvier 2019)

AFP

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi à Port-au-Prince pour réclamer le départ du président haïtien et dénoncer l'ingérence selon eux des Etats-Unis. Il s'agit de la première mobilisation depuis les dix jours de violentes manifestations mi-février.

«A cause de l'impérialisme américain, on vit dans la misère. Quand la Russie entre dans une région, c'est pour y mettre de l'ordre», a déclaré le jeune Bronson Etienne, arborant un drapeau russe flambant neuf sur les épaules. «On demande à ce que (le président russe) Vladimir Poutine vienne nous porter secours contre la dictature féodale des Etats-Unis», a-t-il ajouté.

Dans le cortège, plusieurs manifestants ont brandi des portraits photocopiés du président russe tout en scandant des insultes contre son homologue américain Donald Trump. Le président haïtien Jovenel Moïse s'est rendu le 22 mars au club de golf de M. Trump à West Palm Beach (Floride), pour une rencontre à laquelle ont aussi participé plusieurs autres chefs d'Etat et de gouvernement de la Caraïbe.

Contesté depuis sa prise de pouvoir en février 2017, Jovenel Moïse est notamment accusé par l'opposition de protéger ceux qui auraient détourné l'argent du fonds Petrocaribe.

Gestion épinglée

Fin janvier, la Cour supérieure des comptes a publié un premier rapport sur la gestion calamiteuse et les possibles détournements de près de deux milliards de dollars de ce programme d'aide offert à Haïti par le Venezuela depuis 2008.

Une quinzaine d'anciens ministres et hauts fonctionnaires ont été épinglés. De même qu'une entreprise dirigée à l'époque par M. Moïse, identifiée comme bénéficiaire de fonds pour un projet de construction d'une route dont le contrat n'a pas été retrouvé par les juges ayant réalisé l'audit.

«On est déterminés à lutter contre Jovenel (Moïse), qu'il laisse le pouvoir à un autre gouvernement qui, lui, nous aidera», a déclaré Jocelyn Beausile, manifestant juché sur une moto en tête de cortège. «Tant qu'il sera président, jamais on n'aura de procès Petrocaribe», a-t-il estimé.

Incertitude politique De violentes manifestations ont éclaté en février dans les principales villes haïtiennes, paralysant toutes les activités pendant une dizaine de jours. Issus en majorité des quartiers les plus pauvres, les jeunes contestataires réclamaient la démission du président et de meilleures conditions de vie. Le pays est à nouveau plongé dans une incertitude politique. Les députés ont voté le 18 mars pour le départ du Premier ministre Jean-Henry Céant, six mois seulement après sa prise de fonction.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!