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PérouLe président péruvien consolide son pouvoir

Martin Vizcarra a obtenu le soutien de l'armée et des gouverneurs dans son bras de fer avec le Parlement, après avoir prononcé sa dissolution lundi.

Pérou: le Parlement bloqué par la police

Le président péruvien Martin Vizcarra a consolidé son pouvoir mardi après la dissolution du parlement. Il a obtenu le soutien des chefs militaires, des gouverneurs et des maires, dans son bras de fer avec les députés qui l'ont suspendu pour un an.

Après une soirée d'incertitude à Lima où le chef de l'Etat a prononcé la dissolution du parlement, suivie par un vote des députés - en majorité de l'opposition fujimoriste - de le suspendre pour un an et de le remplacer par la vice-présidente, la vie avait repris son cours mardi au Pérou. La bourse était en légère hausse à l'ouverture et la monnaie, le sol péruvien, restait stable.

Seule exception notable, les importants déploiements policiers visibles autour du Palais du gouvernement et du parlement, où des restrictions d'accès ont été imposées. Dès lundi soir, les chefs militaires et la police ont exprimé leur loyauté au président Vizcarra, qui a également reçu l'appui d'une dizaine de gouverneurs régionaux, dont certains ont pris part aux manifestations pour célébrer la dissolution.

Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues dans différentes villes du pays pour soutenir le chef de l'Etat, brandissant des banderoles contre la corruption. Environ 2000 personnes se sont rassemblées dans la capitale.

«Nous voulons la démocratie»

«Nous voulons la démocratie, nous soutenons la dissolution du parlement. Nous ne reconnaissons absolument pas» la vice-présidente Mercedes Araoz, a déclaré Sandra Luyo, une infirmière de 45 ans, interrogée mardi matin dans le centre-ville de Lima. «Je suis d'accord avec la dissolution du Parlement parce qu'il était dominé par un groupe politique dont la cheffe (Keiko Fujimori) est en prison», a rappelé Angel Sotomayor, un avocat de 60 ans.

Le chef de l'Etat a également reçu le soutien de l'Association des maires du Pérou. Aucune manifestation n'a en revanche été organisée en soutien au parlement dissous, qui suscite le rejet de près de 90% des Péruviens, selon plusieurs sondages. Mardi, l'Eglise catholique a appelé au calme et au dialogue. Les représentants du monde des affaires ont accusé le chef de l'Etat de «violation de la Constitution».

Croisade anti-corruption

M. Vizcarra a annoncé la dissolution du parlement, une première au Pérou depuis 1992, après que les députés ont rejeté un vote de confiance sur le mode de nomination de juges au Tribunal constitutionnel. Cette querelle empoisonne la vie politique péruvienne depuis des années.

Il a annoncé dans la foulée la convocation d'élections législatives anticipées le 26 janvier. Mais le parlement a riposté en votant la suspension pour un an de M. Vizcarra pour «incapacité morale», première étape vers une destitution, et son remplacement par la vice-présidente Mercedes Araoz. Cette économiste de 58 ans, qui a immédiatement prêté serment, n'a pour l'heure été reconnue par aucun pays étranger.

(ats)

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