Colombie: Le président plaide pour «un pays meilleur»

Actualisé

ColombieLe président plaide pour «un pays meilleur»

«La paix est le chemin pour que nos enfants aient un pays meilleur», a déclaré Juan Manuel Santos en se rendant aux urnes.

1 / 147
Les autorités colombiennes ont annoncé dimanche avoir déjoué un attentat contre le leader de l'ex-guérilla des FARC, Rodrigo Londoño. (Lundi 13 janvier 2020)

Les autorités colombiennes ont annoncé dimanche avoir déjoué un attentat contre le leader de l'ex-guérilla des FARC, Rodrigo Londoño. (Lundi 13 janvier 2020)

Keystone
La Colombie a connu dimanche les plus pacifiques de ces dernières années. Une femme devrait devenir maire de Bogota. (27 octobre 2019)

La Colombie a connu dimanche les plus pacifiques de ces dernières années. Une femme devrait devenir maire de Bogota. (27 octobre 2019)

AFP
La dissidence des Farc, a annoncé, dans une vidéo diffusée mercredi, la création d'un mouvement politique clandestin, suite à son soulèvement armé la semaine dernière. (4 septembre 2019)

La dissidence des Farc, a annoncé, dans une vidéo diffusée mercredi, la création d'un mouvement politique clandestin, suite à son soulèvement armé la semaine dernière. (4 septembre 2019)

AFP

«La paix est le chemin pour que nos enfants, nos petits-enfants aient un pays meilleur», a déclaré dimanche le président colombien Juan Manuel Santos, en votant pour le référendum dans un bureau installé dans un patio du parlement, au coeur de Bogota. Les Colombiens votaient pour confirmer la paix avec les Farc.

Près de 34,9 millions d'électeurs étaient appelés pour répondre par «oui» ou «non» à la question: «Soutenez-vous l'accord final d'achèvement du conflit et de construction d'une paix stable et durable ?», titre du document de 297 pages issu de 4 ans de pourparlers. Les bureaux de vote ont fermé à 23h00 (suisses).

Pour l'emporter, le «oui» devait recueillir au moins 4,4 millions de voix (13% de l'électorat) et le «non» un score plus faible. Dans les derniers sondages, le «oui» recueillait entre 55% et 66% des intentions de vote.

Au total 240'000 policiers et militaires ont été mobilisés et près de 82'000 bureaux de vote ouverts. Les expatriés avaient déjà voté dans les ambassades et les consulats, telle l'ancienne otage franco-colombienne des Farc Ingrid Betancourt. Cette dernière a ainsi pu voter à Paris, selon l'organisation Unité des victimes.

Si le «oui» l'emporte, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), nées en 1964 d'une insurrection paysanne et qui comptent encore plus de 5700 combattants, se convertiront en parti politique après avoir remis leurs armes aux Nations unies, qui ont déjà vérifié la destruction samedi de 620 kilos d'explosifs.

Légitimité

Ce référendum, non obligatoire, a été voulu par le président Santos pour donner la «plus large légitimité» possible à l'accord qu'il a signé le 26 septembre avec le chef des Farc, Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre Timoleon Jiménez ou Timochenko.

Ce texte vise à mettre fin à la plus ancienne confrontation armée des Amériques qui, au fil des décennies, a impliqué diverses guérillas d'extrême gauche, des milices paramilitaires d'extrême droite et les forces de l'ordre. Les combats auraient fait au total plus de 260'000 morts, 45'000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

«Le seing de légitimité et d'approbation du peuple est nécessaire pour que la paix soit stable et durable», avait rappelé le président Santos avant le vote, en installant la Mission d'observation électorale, composée de près de 200 personnes de 25 pays.

Dédommagements

«Je veux que le 'oui' gagne afin que, si un jour j'ai des enfants, ils n'aient pas à vivre avec la guerre», a déclaré dimanche une employée de 25 ans, dont les parents sont nés avec le conflit à Puli, village isolé au nord de Bogota, dont les maisons portent encore «les trous des traces de balles».

Symboliquement, la guérilla a confirmé samedi qu'elle dédommagerait matériellement les victimes. L'un de ses chefs, Ivan Marquez, était allé la veille «demander pardon avec humilité» aux survivants d'un massacre qui a fait 35 morts en 1994 à La Chinita, quartier pauvre d'Apartado, dans le nord-ouest du pays.

Nouvelle salve d'Uribe

Ariel Avila, analyste de la fondation Paix et Réconciliation, a déclaré pour sa part que via ce référendum M. Santos cherche également à «donner la dernière estocade à l'uribisme», courant de l'ancien président de droite et actuel sénateur Alvaro Uribe.

Ce dernier, aujourd'hui patron du Centre démocratique, a à nouveau fustigé l'accord. «La paix est enthousiasmante, les textes de La Havane décevants», a-t-il lancé dimanche, en exprimant sa «gratitude» aux Colombiens qui ont dit «non».

Les opposants dénoncent notamment un «laxisme» des sanctions prévues contre les auteurs des crimes les plus graves et la participation des guérilleros démobilisés à la vie politique, craignant un «castro-chavisme» inspiré des régimes cubain et vénézuélien.

(afp/ats)

Ton opinion