09.08.2020 à 00:24

TerrorismeLe président tchadien craint toujours Boko Haram

Le président tchadien Idriss Déby pense que le groupe djihadiste, né en 2009, «fera encore beaucoup de dégâts» au lac Tchad.

Le président a réaffirmé samedi que les djihadistes ne se trouvaient plus sur le territoire tchadien.

Le président a réaffirmé samedi que les djihadistes ne se trouvaient plus sur le territoire tchadien.

AFP

L’armée tchadienne a déclenché en avril une grande opération contre Boko Haram. Le président tchadien Idriss Déby Itno a prévenu samedi que, malgré cela, ce groupe djihadiste allait continuer «à faire beaucoup de dégâts» dans le bassin du lac Tchad.

«Nous aurons affaire à Boko Haram pendant encore longtemps. Les incursions vont continuer», a déclaré Idriss Déby Itno, invité de l’émission «Le débat africain» diffusée sur Radio France Internationale samedi. Le groupe djihadiste «fera encore beaucoup de dégâts. Il faut avoir peur», a-t-il martelé au cours de cet entretien qui s’est déroulé au palais présidentiel de N’Djamena.

Née dans le nord-est du Nigeria en 2009, l’insurrection de Boko Haram s’est peu à peu propagée aux voisins camerounais, nigérien et tchadien de ce pays, particulièrement dans la région du lac Tchad, située à la frontière entre ces quatre pays. Plus 36’000 personnes ont été tuées depuis. En 2016, le groupe s’est scindé en deux branches: la faction historique, dirigée par Abubakar Shekau, et l’Iswap, affilié au groupe État islamique.

Problème de coordination

Les quatre pays riverains luttent depuis 2015 contre ces groupes djihadistes, au sein d’une Force multinationale mixte (FMM). Mais cette force «n’a pas suffisamment fait le travail pour nous permettre d’endiguer ce mal», a déploré Idriss Déby Itno, parlant notamment d’un problème de coordination entre les pays.

Le Tchad avait lancé seul en mars une grande opération militaire en profondeur au Niger et au Nigeria affirmant à son terme avoir chassé Boko Haram de son territoire et tué plus de 1000 de ses combattants. Le président avait ensuite été élevé au titre de Maréchal par les députés tchadiens.

Mais début juillet, au moins huit de ses soldats ont péri dans une nouvelle attaque sur son sol, et, il y a une semaine, au moins dix civils ont été tués dans un village par Boko Haram. Le président a réaffirmé samedi que les djihadistes ne se trouvaient plus sur le territoire tchadien. Toutefois, il a précisé que les incursions de combattants basés au Niger et au Nigeria continueraient de «venir faire du mal la nuit».

(ATS/NXP)

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