Actualisé 20.06.2020 à 14:23

Incidents à DijonLe président tchétchène réprouve la police française

Proche de Vladimir Poutine, le sulfureux Ramzan Kadyrov a apporté son soutien aux Tchétchènes impliqués dans les violences de Dijon cette semaine.

par
LeMatin.ch
Ramzan Kadyrov pense que les actions des Tchétchènes en France étaient justifiées.

Ramzan Kadyrov pense que les actions des Tchétchènes en France étaient justifiées.

Keystone

Vendredi 19 juin, sur son compte Telegram, le président de la République de Tchétchénie a approuvé les agissements violents de ses compatriotes en France, selon des propos rapportés par The Guardian : «C'est mon opinion personnelle: je pense que les actes des Tchétchènes ont été corrects».

Pour rappel, cette déclaration fait suite aux violents affrontements qui ont agité le quartier des Grésilles, à Dijon, dans la nuit du 12 au 13 juin 2020. Une expédition punitive avait été menée par des membres de la communauté Tchétchène, ceci pour faire suite à l'agression, deux jours plus tôt, d'un adolescent par des dealers d'origine maghrébine.

Par la suite, beaucoup de vidéos montrant des affrontements et des regroupements d'hommes armés et cagoulés ont été publiées sur les réseaux sociaux. Pour réponse, la police a lancé une vaste opération à Dijon et Chenôve, sa banlieue sud-ouest, donnant lieu à plusieurs perquisitions et interpellations.

Autorités locales pointées du doigt

Pour Ramzan Kadyrov, les agissements de ses compatriotes sont tout à fait légitimes. Il affirme que ces derniers ont simplement effectué le travail que la police et la justice française étaient sensées accomplir en matière de lutte contre le trafic de drogues, et de protection de ses citoyens.

«Les autorités locales n'ont pas été en mesure de s'occuper de trafiquants de drogue hors de contrôle, et la jeune génération a pris le contrôle de la situation». Il réfute également l'idée d'affrontements interethniques et met en avant le principe de la lutte contre le trafic de drogue.

Le régime de Kadyrov est connu pour sa répression violente contre les trafiquants de drogue, et de façon générale, contre toute forme d'opposition au gouvernement. En 2017, le Conseil de l'Europe avait d'ailleurs dénoncé le recours du régime aux enlèvement, aux détentions secrètes, aux exécutions extrajudiciaires et à la torture.

CBO

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