07.11.2020 à 20:35

Religieux attaqué à LyonLe prêtre «entretenait une liaison» avec la femme du tireur

Une liaison adultère est derrière l’agression d’un prêtre orthodoxe, grièvement blessé à l’abdomen et au thorax par deux tirs à bout portant, la semaine dernière à Lyon.

Le suspect sera déféré dimanche au parquet dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire, selon le magistrat.

Le suspect sera déféré dimanche au parquet dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire, selon le magistrat.

AFP

Deux jours après l’attentat de Nice, certains avaient craint une nouvelle attaque terroriste, mais les coups de fusil reçus par un prêtre orthodoxe la semaine dernière à Lyon (est) relèvent en réalité d’une affaire d’adultère: le mari trompé a reconnu les faits.

Cet homme de 40 ans et de nationalité géorgienne a avoué, en garde à vue, avoir tiré sur le Grec N. K., 52 ans, le 31 octobre devant une église de la ville.

Il «s’avère être le mari d’une femme qui entretenait une liaison avec la victime», a indiqué samedi le procureur de la République à Lyon, Nicolas Jacquet, ajoutant que l’enquête menée par la police judiciaire «va se poursuivre pour établir le mobile et le déroulement exact des faits».

Le suspect sera déféré dimanche au parquet dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire, selon le magistrat, pour qui «la piste terroriste est définitivement écartée».

«Piste terroriste écartée»

La victime, grièvement blessée à l’abdomen et au thorax par deux tirs à bout portant de fusil à canon scié, était sortie du coma mardi après avoir été opérée. Son audition par les enquêteurs a conduit à l’arrestation de son agresseur présumé, vendredi à son domicile lyonnais.

D’après le quotidien Le Parisien, la victime aurait elle-même orienté les enquêteurs sur la piste d’un mari jaloux. Les prêtres orthodoxes ne font pas voeu de célibat.

La conjointe du suspect, russe et trentenaire, a été interrogée dans le cadre d’une audition libre et a confirmé l’adultère, selon le journal qui ajoute que l’agresseur aurait jeté son arme dans la Saône après les faits.

L’agression de N. K. devant l’église orthodoxe grecque du 7e arrondissement de Lyon, survenue deux jours après l’attentat à la basilique de Nice, avait immédiatement été perçue et condamnée, en France et à l’étranger, comme une nouvelle attaque terroriste.

En déplacement à Saint-Étienne-du-Rouvray (nord-ouest) où avait été assassiné en 2016 le père Hamel dans son église le Premier ministre Jean Castex avait affirmé «l’entière détermination du gouvernement et de la République pour permettre à tous et à chacun de pratiquer son culte en toute sécurité et en toute liberté».

«Attaques anti-chrétiens»

«Quand ces attaques anti-chrétiens s’arrêteront-elles ? Comment la France a-t-elle pu en arriver là ?», s’était interrogé Nicolas Dupont-Aignan, président d’un parti de la droite souverainiste.

Des sources policières et religieuses avaient pourtant incité rapidement à la prudence sur les motifs de l’agression, en l’absence de revendication et compte tenu de la personnalité controversée de la victime, en poste depuis une dizaine d’années mais qui avait posé sa démission un mois auparavant.

Habitant un logement au-dessus de l’édifice religieux, il avait des relations conflictuelles avec «trois ou quatre membre de la communauté», selon Georges Vassilakis, responsable régional de la Métropole grecque orthodoxe de France.

(AFP/NXP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!