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Arabie saouditeLe prince héritier est décédé à Genève

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Nayef ben Abdel Aziz, est décédé à Genève, où il se trouvait depuis mai pour des raisons médicales. Ses obsèques seront célébrées dimanche à La Mecque.

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Nayef ben Abdelaziz al Saoud (à droite) est décédé à Genève.

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Nayef ben Abdelaziz al Saoud (à droite) est décédé à Genève.

AFP

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Nayef ben Abdelaziz al Saoud, est décédé à Genève, a annoncé samedi la télévision d’Etat Ekhbaria, citant un communiqué du palais. Il se trouvait en Suisse depuis mai pour des raisons médicales.

«Le palais royal annonce le décès du prince héritier Nayef ben Abdel Aziz», qui était également ministre de l’Intérieur depuis 1975, a indiqué la chaîne d’information en continu.

Il avait été désigné successeur du roi Abdallah en octobre, après la mort du prince Sultan. Nayef, dont l’âge était estimé à 78 ans, se trouvait en Suisse depuis mai pour des raisons médicales.

Sa disparition, seulement huit mois après avoir reçu ce titre, souligne le vieillissement des premiers princes de la dynastie qui dirige une puissance pétrolière de premier plan située au coeur d’une région en pleine mutation politique.

Les obsèques du prince seront célébrées dimanche à La Mecque. Le souverain, qui est âgé de 89 ans, va donc devoir désigner un nouvel héritier. Le prince Salman, nommé ministre de la Défense en novembre et âgé de 76 ans, fait figure de favori.

Le prince héritier s’était rendu le 26 mai à l’étranger pour y subir, selon les médias saoudiens, des examens médicaux pour la deuxième fois en moins de trois mois. Le 3 juin, son frère Ahmed ben Abdel Aziz, avait affirmé qu’il se portait bien et allait regagner bientôt le royaume.

Lutte contre Al-Qaïda

Selon des spécialistes du royaume, il avait souffert d’un cancer. Avant même son départ pour l’étranger, la télévision saoudienne montrait le prince Nayef la plupart du temps assis et les traits fatigués.

En tant que ministre de l’Intérieur, il a supervisé la lutte contre Al-Qaïda qui avait mené des attentats sanglants dans le royaume de 2003 à 2006, obligeant ses chefs et membres à s’enfuir au Yémen.

Il s’est aussi imposé comme un défenseur de la dynastie des Al- Saoud, sévissant contre toute forme d’opposition. Il était connu pour entretenir de bonnes relations avec les milieux religieux tenants de l’orthodoxie et généralement opposés à une évolution du royaume ultra-conservateur.

Tenant d’une ligne dure à l’égard de l’Iran, il avait néanmoins de solides relations dans le monde arabe. Il avait, selon des diplomates, joué un rôle dans la décision du royaume d’accueillir le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali et d’envoyer des troupes à Bahreïn pour aider à la répression de la contestation animée par des chiites.

Né à Taëf en 1933, il avait été nommé gouverneur de Ryad à 20 ans, avant de devenir vice-ministre de l’Intérieur en 1970 puis ministre de l’Intérieur en 1975.

Tristesse suisse

La Suisse a fait part de sa «tristesse», a précisé un communiqué du Département fédéral des finances (DFF). La présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf a présenté ses sincères condoléances au nom de la Suisse et du Conseil fédéral aux autorités saoudiennes ainsi qu'au peuple saoudien.

Le président de la République François Hollande a fait part samedi de son «émotion» après le décès du prince héritier et ministre de l'Intérieur de l'Arabie saoudite, Nayef ben Abdel Aziz, assurant que la France avait «perdu un ami», selon un communiqué de l'Elysée.

Le président américain Barack Obama et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton ont présenté leurs condoléances après le décès du prince héritier d'Arabie saoudite, Nayef ben Abdel Aziz, «un partenaire important et apprécié des Etats-Unis» selon Mme Clinton.

(ats)

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