France: Le procès de l'escroquerie au «faux Le Drian» débute
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FranceLe procès de l'escroquerie au «faux Le Drian» débute

Dès 2015, des escrocs se sont fait passer pour Jean-Yves Le Drian, alors ministre français de la Défense, pour extorquer 50 millions d'euros à plusieurs victimes. Le procès s'est ouvert à Paris.

Les malfaiteurs apparaissaient en vidéoconférence avec un costume et un masque de Jean-Yves Le Drian, derrière un faux bureau officiel.

Les malfaiteurs apparaissaient en vidéoconférence avec un costume et un masque de Jean-Yves Le Drian, derrière un faux bureau officiel.

AFP

Ils sont soupçonnés d'avoir usurpé l'identité de Jean-Yves Le Drian, alors ministre français de la Défense, extorquant plus de 50 millions d'euros à de riches personnalités: le procès de l'escroquerie dite au «faux Le Drian» s'est ouvert mardi à Paris.

Les deux principaux prévenus, Gérard Chikli et Anthony Lasarevitsch, jugés notamment pour escroquerie en bande organisée et prise du nom d'un tiers, ont pris place dans le box en début d'après-midi. Au cours de l'instruction, ils ont clamé leur innocence.

Cinq autre hommes ont, selon l'accusation, été leurs complices à différents degrés. Ces prévenus sont soupçonnés d'avoir été derrière une vaste et audacieuse arnaque qui a consisté, entre 2015 et 2017, à se faire passer pour Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense. Il est depuis devenu ministre des Affaires étrangères.

150 cibles approchées

Au téléphone, les escrocs abordaient des dirigeants politiques, PDG ou associations, demandant en urgence une aide financière pour des «opérations secrètes» de l'État français.

Les motifs les plus souvent invoqués étaient le financement d'une rançon pour libérer des otages en Syrie ou la lutte contre le terrorisme. Les victimes se voyaient promettre un remboursement immédiat.

Les malfaiteurs envoyaient aussi des courriers à en-tête du ministère et, dans certains cas, apparaissaient en vidéoconférence, avec un costume et un masque de Jean-Yves Le Drian, derrière un faux bureau officiel.

En tout, plus de 150 cibles ont été approchées, parmi lesquelles le président du Gabon Ali Bongo, le Sidaction, le PDG du groupe Lafarge ou encore l'archevêque de Paris.

Trois victimes sont tombées dans le piège, dont le chef spirituel des musulmans chiites ismaéliens, Karim Aga Khan IV, qui a perdu 7,7 millions d'euros, et l'une des plus grandes fortunes turques, Inan Kirac, qui a vu s'évaporer 47,4 millions de dollars (45 millions d'euros au cours de l'époque).

Les sommes disparues, transférées sur des comptes rapidement vidés, n'ont pas été retrouvées, mais l'instruction se poursuit sur ce volet.

Un accusé connu de la justice

Gérard Chikli, un Franco-israélien de 54 ans, est bien connu de la justice française. Il est considéré comme l'inventeur de l'arnaque dite au «faux président», selon laquelle des malfaiteurs se font passer pour des chefs d'entreprises afin de se faire transférer de l'argent par des collaborateurs. Son histoire a inspiré un film («Je compte sur vous»).

En août 2017, il a été interpellé en Ukraine au côté d'Anthony Lasarevitsch, 35 ans. Selon l'accusation, les deux hommes préparaient alors leur prochaine arnaque, consistant à usurper l'identité du prince Albert II de Monaco.

Cinq demi-journées d'audience sont prévues jusqu'au 12 février dans cette affaire.

(AFP)

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