Actualisé 08.12.2017 à 20:25

SénégalLe procès du maire de Dakar est fixé

Il est reproché à Khalifa Sall, principal opposant au président sénégalais, d'avoir prélevé des millions d'euros dans les caisses de la mairie.

Maire de Dakar depuis 2009, Khalifa Sall est en détention provisoire depuis le 7 mars, ce qui ne l'a pas empêché d'être élu député lors des législatives du 30 juillet.

Maire de Dakar depuis 2009, Khalifa Sall est en détention provisoire depuis le 7 mars, ce qui ne l'a pas empêché d'être élu député lors des législatives du 30 juillet.

Archives/Photo d'illustration, AFP

La justice sénégalaise a fixé au jeudi 14 décembre le début du procès du maire de Dakar, Khalifa Sall, a indiqué un de ses avocats. Cet opposant au président Macky Sall et quatre de ses collaborateurs sont accusés de «détournement de fonds publics».

«Une citation à comparaître jeudi (14 décembre) lui a été notifiée à la prison par le parquet», a déclaré cet avocat, Me Demba Ciré Bathily. Le parquet de Dakar n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter l'information.

Plus tôt dans la journée, Me Bathily avait indiqué que le doyen des juges d'instructions de Dakar, Samba Ball, avait ordonné jeudi soir le renvoi devant le tribunal correctionnel de Khalifa Sall et de ses collaborateurs à la mairie de la capitale sénégalaise. Tous devront répondre de dépenses «non justifiées» de plus de 2,7 millions d'euros prélevés pendant plusieurs années, selon la justice, dans les caisses de la mairie, ce que Khalifa Sall nie.

Levée d'immunité

Maire de Dakar depuis 2009, il est en détention provisoire depuis le 7 mars, ce qui ne l'a pas empêché d'être élu député lors des législatives du 30 juillet. L'Assemblée nationale a levé le 26 novembre son immunité par un vote majorité contre opposition, ouvrant la voie à un procès.

Toutes les démarches de ses avocats entreprises depuis des mois pour qu'il soit remis en liberté ont échoué. Jeudi, le doyen des juges a refusé le dépôt d'une caution qui lui aurait permis de comparaître libre à son procès, selon son avocat.

Me Bathily a précisé que les avocats du maire avaient fait appel de la décision du juge d'instruction. «Nous sommes à la limite de la forfaiture car le juge d'instruction a refusé l'audition de témoins et la réalisation d'expertises», a expliqué l'avocat. La décision de renvoi «confirme le caractère politique du dossier», a-t-il ajouté, dénonçant une «violation délibérée de la loi» par le magistrat instructeur.

Opposant au président Macky Sall - avec lequel il n'a pas de lien de parenté -, le maire de Dakar est considéré comme l'un des principaux concurrents pour la présidentielle de 2019, à condition qu'il puisse se présenter. Ses soutiens estiment qu'il paye pour son statut de dissident du parti socialiste, membre de la coalition au pouvoir.

(ats)

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