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JusticeLe procès du tueur d'un Cap-verdien s'est ouvert à Renens

Le suspect avait fui au Kosovo puis en Belgique où il a été interpellé en septembre 2013, neuf ans après les faits.

Le procès à Renens s'est déroulé sous haute sécurité, le public étant fouillé par les nombreux gendarmes présent sur place.

Le procès à Renens s'est déroulé sous haute sécurité, le public étant fouillé par les nombreux gendarmes présent sur place.

Keystone

Le procès d'un homme accusé d'avoir poignardé à mort un père de famille Cap-verdien de 26 ans en 2004 à Vevey (VD) a débuté mardi à Renens. Les circonstances et le mobile du crime restent flous.

Difficile de démêler le vrai du faux mardi après-midi après avoir entendu les versions de l'accusé et de l'ami de la victime qui l'accompagnait en ce tragique 8 mars 2004. Les heures passent et les deux hommes se renvoient la balle. A l'autre partie d'avoir provoqué cette rixe, à l'autre partie d'avoir sorti un couteau.

«Ça fait plus de douze ans que ça s'est passé. Ça fait longtemps, mais il y a des choses qu'on oublie pas». Devant la Cour, l'accusé, un Kosovar aujourd'hui âgé de 35 ans, n'en démord pas. S'il a poignardé à mort «Nono», tué son pitbull et blessé l'ami qui l'accompagnait, c'était parce que son frère et lui avaient été attaqués et qu'il craignait pour leurs vies.

Nerveux

L'homme d'abord relativement calme, devient nerveux au fil des heures. Il parle en français, recourt aux services du traducteur, pleure, «regrette profondément ce qui s'est passé». Et surtout en veut beaucoup à l'ami de «Nono», selon lui le véritable instigateur de cette affaire.

Que nenni, rétorque ce dernier. Lui qui a déjà purgé une peine de prison pour avoir utilisé un cutter lors d'une bagarre affirme ne pas avoir encouragé le pitbull à attaquer les deux frères au centre de Vevey en plein jour. Il dit aussi ne pas avoir donné le moindre coup, même si des témoins disent le contraire. «Je ne prends jamais de couteau avec moi», précise-t-il.

Pas mêlé

Soit. Reste que plusieurs rixes opposant Cap-verdiens et ressortissants des Balkans s'étaient déroulées sur la Riviera en cette période. Impliquant notamment l'accusé et l'ami de la victime.

C'est dans ce contexte tendu que la victime a reçu plusieurs coups de couteau notamment dans la cage thoracique et le poumon le 8 mars en pleine journée. «Après la bagarre, il m'a dit qu'il avait été planté», raconte son ami. Moi aussi j'avais reçu un coup de couteau et comme il parlait normalement, je n'ai pas pensé que c'était si grave. C'est quand les ambulanciers sont arrivés et ont enlevé son t-shirt que j'ai compris».

«Nono» décédera peu après au CHUV des suites de ses blessures. Il laisse une veuve et un bébé.

Extradé

Il a fallu à sa famille attendre plus de douze ans pour qu'un procès se tienne, l'agresseur ayant fui après son crime. D'abord au Kosovo puis, sous une fausse identité, en Belgique. Il a été interpellé en septembre 2013 à Louvain-la-Neuve avant d'être extradé en Suisse en 2014 où il est en exécution anticipée de peine.

Il est accusé de meurtre et de tentative de meurtre. Il ne sera pas jugé pour la mort du chien car les faits sont prescrits. C'est d'ailleurs pour la même raison que son frère n'était pas face à la justice mardi. Le procès se poursuit sous haute sécurité. Mardi, le public était fouillé par les nombreux gendarmes.

(ats)

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